Le burnous de Djelfa.


La djellaba et le burnous en poils de chameau des Ouled Naïl constituent la «marque déposée» de la tribu de Messaad, au sud de Djelfa, où le génie créatif de la femme s’est mêlé à celui de l’homme pour conférer à ces habits traditionnels la double fonction vestimentaire d’apparat et de protection contre le froid des steppes. L’artisanat du poil camélidé est un patrimoine encore bien préservé par les Naïlis. Source non négligeable de subsistance, la pratique de cet artisanat assure également la pérennité de ce métier, en dépit de sa modeste rentabilité économique qu’expliquent la rareté et la cherté de la matière première. Le tissage du burnous et de la djellaba est une activité très répandue chez les Ouled Naïl. En effet, plus de 60 % des familles de Djelfa pratiquent l’artisanat du tissage de la laine et du poil camélidé, particulièrement dans la ville de Messaad, au moment où 83 % des familles de la région s’appuient pour leur subsistance sur ce type d’artisanat. Cette activité artisanale intense se traduit par une production annuelle de quelque 30 000 djellabas et burnous en laine ou poil camélidé, tissés à la main.

La confection d’une djellaba ou «kachabia» en laine de camélidé demande un travail de plus ou moins longue durée, en étapes ordonnées et successives, dont la principale réside dans la bonne sélection de la laine. Il s’agit dans ce cas, au même titre que pour le burnous, de choisir la laine la plus fine, appartenant en général à une bête d’un an d’âge et réputée être le nec plus ultra de la laine de camélidé. Suivent ensuite, tout naturellement, le tissage puis la couture et la broderie pour arriver enfin à un produit fini de haute qualité, le plus souvent offert en gage d’amitié, censé symboliser surtout la «noblesse d’âme» et la «virilité des hommes» de ces régions. D’après les spécialistes, le plus gros de la toison chez le dromadaire (animal à une bosse) se trouve généralement au niveau de la tête, du cou et des épaules, alors que le chameau (deux bosses), inexistant en Algérie, possède une toison de laine plus fournie qui l’aide à supporter le froid des régions où il évolue, notamment dans les hautes plaines asiatiques. Le poil de camélidé est réputé pour sa légèreté et sa solidité. Il est plus doux et plus souple que la laine de mouton, d’après les connaisseurs, qui expliquent que ses poils sont «vides à l’intérieur», ce qui permet à la bête de garder une chaleur constante. Ses couleurs variant du marron au brun très clair ou jaunâtre (gardées au tissage dans leurs teintes naturelles) dépendent généralement de l’espèce et de l’âge de l’animal, sachant que la quantité de la toison obtenue dépend également de chaque espèce de dromadaires et de chameaux.

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