Danses Tribales : Danse des Oulads Nails


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Ces femmes, vêtues de robes à ramages amplement plissées qui accusent leur cambrure, noient leurs mouvements, mais les dessinent parfois aussi d’une manière imprévue, appartiennent aux tribus des Oulad Naîl et des Oulad Saad ben Salem.
Ce sont les pensionnaires de la salle de danse et de ses dépendances et nous allons les voir, ce soir, se livrer, dans la salle basse et longue, à leurs exercises choréographiques accompagnées d’une orchestre pittoresque.
Assis sur des bancs ou accroupis sur des nattes tous autour de la salle, des indigènes attendent la venue des danseuses. Celles-ci font leur entrée précédées du tenancier de l’établissement. La musique fait rage. Tous les yeux sont dirigés vers les Nailiat vêtues de robes aus couleurs éclatantes, qui vont à pas lents, sans que leur visage tressaille, se grouper à leur place habtuelle. La quotidienne fête nocturne va commencer.

Les voilà, ces filles du désert à l’étrange destinée! Leur figure troublante, sensuelle jusqua’à l’animalité, est toute pleine d’un charme farouche. C’est la courtisane biblique, la femme macérée dans les aromates, couvertes d’amulettes et de signes, l’idole voluptueuse à la peau moîte et lisse, à la musculature de jeune panthère, aux yeux sans pensée, au rire câlin et cruel; c’est l’Africaine que affolait les durs Italiotes aux faces rasées et qu’ils emmenaient à Rome après les pillages. Elle est là, passive et rusée, parée, comme une idole , de cuivre et de pierres, dont l’ornemantation fruste garde encore en son dessin le symbolisme de cultes disparus.
Une teinte ardente revêt la galbe de son corps; sa chevelure bleuâtre à force de noirceur, est la crinière d’une bête de Libye, et le henne rougit ses griffes. Ses adorateurs et ses frères de race sont là, près d’elle, félins humains, et dans leurs confrontations silencieuses vibrent toutes les attirances, toutes les folles d’un instinct éperdu.
Au centre du cercle formé par les spectateurs, dans l’atmosphère rendue vite asphyxiante par la fumée des cigarettes, les naillat s’avancent successivement, tantôt isolément, tantôt par deux.
Toutes ont les yeux avivés par le khôl et ombragés de cils longs et soyeux. Des tatouages marbrent leur front, les joues et les mains. Toutes sont pareillement parées de longs colliers de szquins, de bracelets lourds et hérissés de pointes; de grands pendentifs leur tombent des oreilles. Une haute coiffure s’élève au-dessus de la figure encadrée de fausses nattes noires et tressées. Un voile léger, blanc piqueté de rose, est fixé aux épaules et doit servir d’accessoire pour la danse.
La danseuse passe lentement avec une gravité hiératique. elle semble marcher en rêvant, le regard fixé droit devant elle paraissant solliciter des personnages invisibles. Puis la Nailiat se voile la figure de ses bras et prélude au poème de l’amour, mimé par quelques déhanchements suggestifs. Son visage, cependant, demeure impassible et ne révèle aucune trace des flammes de la passion.
Peu à peu, tout le corps s’agite; les bijoux tressautent avec un bruit argentin; le ventre se met à rouler avec frénésie, puis brusquement, quelques secoussens tumultueuses de bas en haut, spasme de la fin, terminent la danse lascive.

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