Les origines traditionnels de la chemise portée par nos algéroises.



Jusqu’au début du XXème siècle, la chemise ample et portée à même la peau reste une pièce fondamentale du costume algérois. Parfaitement adaptée au climat tempéré de la Méditerranée, elle n’a pas beaucoup changé au cours des siècles, conservant sa finesse et sa forme épurée, obtenue par l’assemblage de rectangles de lin, de soie ou de coton.
Longue jusqu’aux chevilles, s’arrêtant à mi-mollet ou au niveau des hanches, munie d’une encolure dégagée et de longues manches évasées vers le bas, elle se porte souvent seule en saison chaude. Deux ou trois chemises superposées suffisent pour parer à la fraicheur du printemps et de l’automne. En hiver, elle est recouverte par des drapés en fin lainage dès le XVe siècle par des vestes de velours, de brocart ou de drap.
Il est difficile de déterminer l’origine précise de la tunique tant sa conception est simple et son emploi commun à l’ensemble des régions méditerranéennes. On observe cependant sur les chemises algéroises du début du XXe siècle sorte de modèle réduit de la tunique originelle, la persistance de deux rubans colorés appliqués verticalement depuis les épaules, cette particularité décorative peut servir de fil conducteur pour retracer le parcours de la chemise dans l’histoire du costume algérois.
Les tuniques reproduites sur les fresques méditerranéennes les plus ancienne sont souvent ornés de bande verticale qui partent de chaque épaule modèle crétois carthaginois, étrusque, romain, byzantin…..Certes les contacts entre les rivages méditerranéens on été particulièrement précoces, mais seule un raison d’ordre pratique peut expliquer la quasi omniprésence de cette forme de décoration sur un tel laps de temps(entre la tunique crétoise et la dernière chemise algéroise, quatre millénaires se sont écoulé !.La position de ces rubans correspond en effet à la jointure des lés de tissu qui composent l’ample tunique méditerranéenne, leur application remplit à la fois un rôle décoratif qui consiste à cacher les couvertures trop apparentes et un rôle protecteur de ces coutures car elles constituent les points les plus vulnérables du vêtement. Le fait que ces bandes longilignes se situent précisément au niveau de l’épaule ou du haut du bras s’explique par la largeur des étoffes utilisées, la longueur et la qualité des fibres utilisées jà l’époque posait une largeur réduite aux tissus les plus fins.
Des symboles de distinction religieuse ou sociale se sont greffés sur cette fonction pratique, comme l’illustrent à l’époque romane , les laticlaves ornés de bandes latérales appelées clavus ou clavi.
Quelques siècles plus tard, les influences byzantine puis Umayyade répandent en Méditerranée de riches étoffes de soie chargées de motifs variés, la tunique à clavi cède peu à peu sa place à des modes féminin es plus orientales et plus fastueuses, délogeant les rubans fonctionnels des tuniques héritées de l’antiquité.Il est donc intéressant de comprendre pourquoi les Algéroises ont choisi de conserver ce modèle de chemise à clavi directement de le l’Antiquité jusqu’au début du XXè siècle, dans une ville pourtant soumise à d’innombrables courants culturels.

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