Le serouel Algerois.


En se transformant pour s’adapter aux nouvelles données de la vie algéroise, le serouel a mieux survécu au XXe siècle que la chemise. Cette dernière lui était cependant antérieure de plusieurs siècles puisqu’il faut attendre le réveil des villes maghrébines à l’époque des dynasties berbères musulmanes du début du second millénaire pour assister à l’introduction du serouel dans le costume des dames d’Alger.
Comme la chemise, le serouel est porté par les citadins des deux sexes dès son adoption en Afrique du Nord car « dans l’islam médiéval, et particulièrement en Occident, beaucoup de vêtements de même tissu, de même forme et de même nom sont communs à l’homme et a la femme». Cette caractéristique s’est globalement maintenue sur tout le pourtour de la mer intérieure durant l’Antiquité. Vers le milieu du second millénaire, la différenciation entre costumes féminins et masculins se confirme dans certaines régions. « Que, dans l’Europe déplus en plus chrétienne des premiers siècles, les costumes des hommes et des femmes n’aient guère différé, des textes nous en apportent le témoignage », mais suite aux changements sociaux qui touchent l’Europe entre le XIV et le XV siècle, « avec l’apparition du costume court pour les hommes, une différence très nette va désormais s’établir entre les vêtements masculins et féminins », Les autres riverains de la Méditerranée maintiennent plus longtemps une forte similarité entre les costumes des deux sexes. A Bejaïa, les sévères critiques d’Ibn Toumert au sujet des tuniques jugées trop « féminines » des hommes n’ont qu’un écho minime. De la même façon, les édits proclamés au Caire au XIIIe siècle pour interdire aux femmes de porter des vêtements dits « masculins » ne tardent pas à être transgressés. A l’époque ottomane, malgré les décolletés profonds des caftans féminins et les voiles de visage que les citadines portent pour sortir, « hommes ou femmes turcs ont des vêtements sensiblement identiques4 », En effet, les citadines de Turquie « vont aussi richement vestues, leurs habits ne diffèrent pas de beaucoup de ceux des hommes : «comme eux portent les chemises dessus leurs caleçons ». Au XVIIe siècle, selon le chevalier d’Arvieux, les dames syriennes d’Alep « portent de longs caleçons comme les hommes, sur lesquels elles mettent une longue et ample chemise de mousseline rayée, ou d’autre toile fine, qui ne diffère en rien de celles des hommes ».
L’évolution du costume féminin d’Alger reste elle aussi étroitement liée à celle du costume masculin; cette donnée aide a, retrouver le parcours du serouel féminin au cours des siècles.

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