Musique algérienne


Musique algérienne

Sur le plan musical, l’Algérie est réputée pour son riche répertoire. On y retrouve plusieurs styles de musique : classique arabo-andalou algérienne, le Chaâbi, le Raï qui est originaire de l’Oranie, la musique kabyle, la musique moderne comme le rock, le rap ou la musique diwane. Il se distingue également par la richesse linguistique de son répertoire mêlant arabe classique, arabe algérien, le français et l’amazigh telle que kabyle, chaoui, touareg, etc.
Musique classique algérienne dite arabo-andalouse
Article détaillé : Musique arabo-andalouse.
Remarque : « musique andalouse » et « musique arabo-andalouse » sont des appellations récentes introduites par des musicologues occidentaux tels que:J.Rouanet, l’appellation « musique classique maghrébine » serait plus indiquée
À l’origine il y avait vingt-quatre nouba, une pour chaque heure de la journée, mais malheureusement seulement seize (dont quatre inachevées) ont été préservée jusqu’à aujourd’hui en Algérie8.
Cela fait de l’Algérie le pays où subsiste le plus grand nombre de nouba, ceci n’est pas dû au hasard, en effet, l’Algérie a accueilli des réfugiés Andalous et Morisques9.
Selon le baron d’Erlanger, la musique classique arabo-andalouse, d’expression arabe (classique), est présente en Algérie, à travers trois importantes écoles : le Gharnati de Tlemcen qu’est lié à l’école de Grenade, la Ça’naa d’Alger qui se revendique de Cordoue et le Malouf de Constantine qui se rattache à l’école de Séville10. Chacune de ces écoles pratiquent cette musique avec certaines nuances. Dans les trois écoles cette pratique est représentée par la nouba, qui correspond à une composition instrumentale et vocale qui se déroule selon un ordre établi et des règles rythmiques et modales bien déterminées. Chaque nouba est construite sur un mode (Tab) précis duquel elle tire son nom.
Selon la monographie de la ville de Tlemcen établie par Jacques Soustelle, cette dernière fut la capitale de la musique arabo-andalouse de référence en Algérie. Elle a été la ville d’origine de grands artistes de ce genre musical. Deux anciennes écoles de musique arabo-andalouse existent en Algérie. Celle de Tlemcen et de Constantine. L’école d’Alger s’est vu renaitre que tardivement sous l’influence de l’école de Tlemcen. Cette ville est un berceau du hawzi, un autre genre musical qui découle de la musique andalouse dont le musicien-poète Ben Messaîb (XVIIe S) est un représentant.
En Algérie, la musique andalouse compte en tout seize modes sans compter le mode Sahli connu à constantine sous la dénomination de R’haoui. Ce mode est propre à la musique populaire citadine comme le Chaâbi ou le Mahjouz, mais récemment le professeur Noureddine SAAOUDI a composé une nouba dans le mode sahli qu’il a dénommée : Nouba d’ziria
Gharnati.
Le gharnati (en arabe nom de la ville espagnole de Granada), est la forme musicale arabo-andalouse issue de la grande école de Tlemcen. Ce genre a été préservé et s’est développé à Tlemcen, de par la position de la cité qui fut la jumelle de Grenade en Afrique, les deux villes ont partagé une histoire commune à travers les alliances entre Nasrides et Zianides. À la suite de la chute de Grenade, des milliers de familles andalouses se réfugièrent à Tlemcen.
D’autres écoles de cette forme musicale arabo-andalouse existent, telles que: Nedroma, Oran, Sidi Bel Abbès, etc.
Ça’nâa
Le ça’naa est la forme algéroise de la musique arabo-andalouse, à la suite de l’installation des réfugiés andalous et morisques, en majorité cordouans, à Alger, un genre spécifique s’est développé dans cette ville. Il a été influence par l’école de Cordoue.
Parmi les autres écoles du même genre musical arabo-andalous on compte: Blida, Bejaia, Cherchell, Mostaganem, etc.
Malouf
Le malouf est le répertoire de la musique andalouse de constantine, il s’agit d’une variante de la musique arabo-andalouse. Elle est à l’origine influencée par l’école de Séville, et plus tard, par la musique ottomane.
• Zjoul :À Constantine il existe un autre genre musical majeur, aussi ancien que la nouba, connu sous la dénomination de Zjoul (ce sont des azjel propre à l’école de Constantine et non interprétés dans la nouba). Les thèmes des Zjoul ont trait à la nature. On interprète les zjoul sur une musique monocorde qui se termine par une envolée élégante. Ce genre musical utilise les modes musicaux connus dans l’école andalouse de Constantine mais avec des rythmes qui lui sont propres. Le chant des Zjoul s’accompagne souvent par les frappes des mains.
Il existe dans d’autres villes de l’est algérien des associations musicales qui pratiquent le malouf comme à Annaba, Collo, Biskra, Guelma en suivant la tradition de l’école de Constantine (Algérie).
Musique populaire citadine
Musique née au début du XXe siècle, exprimée en Arabe algérien, elle dérive de la musique arabo-andalouse ( dite Musique classique algérienne). Elle comprend en son sein trois formes :
• le Haouzi qui dérive du Gharnati, est un genre poétique qui est né dans les faubourgs de Tlemcen et s’est répandu au sein des populations citadines.
• l’âroubi qui dérive de la Ça’nâa et récemment (XXe siècle) l’apparition du Chaâbi ;
• le Mahjouz qui dérive du Malouf, est un genre musical populaire qui dérive du Malouf où le chant est fortement scandé et accompagné d’une musique composée sur les modes musicaux du Malouf, mais avec des rythmes différents de ceux de la Nouba.
Le chaâbi est une musique citadine qui appartient à la musique arabo-andalouse mais enrichie aujourd’hui par diverses influences : arabe, européenne et africaine dans ses mélodies, et gnawa et berbère dans ses rythmes11.
Le chaâbi (populaire en Arabe algérien) est né au début du XXe siècle dans la région d’Alger11notamment par la diaspora kabyle12, cependant il est apprécié dans toute l’Algérie, pour l’aspect moral et social de ses textes, les maitres Hadj M’hamed El Anka et Cheikh Nador sont considérés comme les créateurs du genre11.
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Le Raï est un genre musical Algérien en Arabe algérien apparu au début du XXe siècle autour d’Oran.
L’origine du mot raï, qui signifie « opinion », « avis » ou « point de vue », viendrait de l’époque où le cheikh (maître), poète de la tradition wahrani, prodiguait sagesse et conseils sous forme de poésies chantées en dialecte local. Cependant, dans le contexte de la complainte populaire, le chanteur qui se plaint de ses propres malheurs sans vouloir accuser personne s’accuse lui-même. Et plus exactement, il s’adresse à sa propre faculté de discernement, à son raï qui, cédant aux sentiments, l’a conduit à prendre les mauvaises décisions. Le chant commence ainsi : Ya Raï (ô mon discernement).
Née dans la région d’Oran sous sa forme première ou traditionnelle et le Raî s’est popularisé par étapes dans le reste de l’Algérie ; elle conquiert le monde après avoir subi de nombreux enrichissements et perfectionnements en Occident.
Cette musique vient d’une occidentalisation de tous les genres musicaux existant en Algérie (en particulier le châabi) utilisant une orchestration moderne occidentale (synthétiseurs, guitares électriques, etc.).Cette nouvelle musique nécessitait donc un phrasé plus souple et moderne d’où l’emploi de l’arabe algérien mélangé à des mots français ou anglais.

Musique Kabyle.
Idir lors d’un concert gratuit à Bondy le 21 juin 2008, pour la fête de la musique et la 20e édition du festival « Ya d’la banlieue dans l’air ».
Style traditionnel de la Kabylie, d’expression kabyle, il dérive essentiellement de l’achewiq.
Entre les années 1950 et les années 1970, plusieurs chanteurs et chanteuses kabyles ont introduit la musique occidentale dans leur musique qui resteront dans le style savant ou classique méditerranéenne. Dans les années 1960, la chanteuse kabyle Nouara une des pionnières de la musique algérienne de langue kabyle dans l’introduction de la musique moderne dans certaines de ses chansons.
Dans les années 1970 des tentatives d’occidentalisation de la musique berbère et maghrébine ont débuté avec des artistes kabyles comme Idir qui a composé et interprété la chanson célèbre A Vava Inouva et qui a fait le tour du monde.
Musique chaouie
Musique essentiellement chantée en chaoui (berbère des Aurès). Le folklore est diversifié dans les régions des Aurès. La musique traditionnelle est bien représentée par nombreux chanteurs Aurassiens. Le premiers chanteurs qui ont connu un succès international sont Aissa Jermouni et Ali Khencheli13. Le style de musique Rahaba est propre à toute la région des Aurès. De plus, plusieurs styles de musique existent comme le style arabo-andalous, l’un des chanteurs chaouis connu est Salim Hallali. Plusieurs chanteurs des Aurès se sont inspirés de ce style comme Youcef Boukhantech.
Les femmes ont pu avoir leur place dans la scène national. La télévision algérienne diffusait les chansons de Thelja (Ya Saleh) et de Beggar Hadda dans les années 1970. Aussi, Houria Aïchi a fait plusieurs albums en France.
Un autre genre de musique moderne chaouis s’est imposé dans la région. Cette musique est un mélange de rock (Les Berbères (groupe de rock chaoui)), de blues, de folk (Smaïl Ferrah) et de raï en langue chaoui (berbère) et en arabe. Quelques chanteurs et musiciens s’inspirent de la musique arabe classique.
La danse chaouis est formée d’un regroupement d’hommes ou de femmes dansant face à face en entonnant des chants polyphoniques accompagnés de gasbas et de bendirs.Le rythme particulier du bendir chez les Chaouis se retrouvent dans quasiment toutes les chansons des Aurès.
Musique du Sahara
Gnaoua.
La musique Tergui est un style traditionnel du Sud algérien d’expression tergui et arabe (dialectal). Il s’agit d’une musique ancestrale importée de l’Afrique noire vers le Maghreb par les dynasties régnant sur le Maghreb ; La musique Tergui sera influencée, entre autres, par le Tindé (style de l’extrême-Sud algérien) et l’Ahellil (Timimoun).
La musique Gnawa d’Algérie s’appelle en réalité la musique Diwane; on l’appelle aussi Diwane-Gnawa afin de mieux l’identifier car sa consœur GNAWA marocaine est internationalement la plus connue. La musique Diwane d’Algérie et ses consœurs ont pour point commun une origine africaine sub-saharienne et certains rites. Toutefois, ces musiques  » GNAWA  » d’Algérie, du Maroc de de Tunisie, de Libye et d’Égypte vont se spécifier en fonction des populations, des histoires propres à chacun de ces pays ou régions et ne connaitront pas le même parcours ou les mêmes influences.
Musique actuelle

Depuis le début des années 1970, la musique algérienne s’est diversifiée au contact de la culture occidentale et orientale. Les Charles Aznavour, Oum Kalsoum, Farid El Atrache, Jimi Hendrix, Beatles, et autres Michael Jackson et Madonna ont largement influencé plusieurs artistes algériens les poussant à adapter différents styles musicaux venus d’Occident et d’Orient à la culture algérienne. C’est comme ça que l’on a vu apparaître de la variété (tendance occidentale et tendance orientale), rock, le rap, le jazz ou encore le reggae en Algérie.
Des artistes algériens exilés rencontrent un succès en Europe comme Biyouna, Idir, Djurdjura ou Souad Massi lors de la Victoire de la musique en 2006 pour son troisième album.
La 3e musique populaire de fête d’Algérie est le « staifi » après le raï et la musique Kabyle. Basée sur le rythme zendari rythme originaire de Constantine et aussi sur un accompagnement présent du clavier, cette musique est aujourd’hui très présente dans toutes les fêtes algériennes.
L’allaoui est une danse traditionnelle guerrière de la région Ouest de l’Algérie. Plus précisément autour des villes de Oran, Tlemcen, Nedroma, Maghnia, Ghazaouet, etc. Cette musique et danse guerrière ancestrale est dansée par des mouvements d’épaule au rythme des percussions.
L’allaoui
L’allaoui, ou aalaoui, est une danse traditionnelle guerrière à plusieurs variantes issue des hauts plateaux oranais (Algérie) On la retrouve à Oran, Tlemcen, Nedroma, Maghnia, Ghazaouet en Algérie, et elle s’est diffusée au Maroc, dans l’Oriental.. Cette musique et danse guerrière ancestrale, est dansée par des mouvements d’épaule au rythme des percussions. Elle trouve ses origines dans les danses tribales des hauts-plateaux oranais Le chercheur algérien Yazli Benaamar nous renseigne que le nom « Allaoui » (à ne pas confondre avec la dynastie Alaouite) fait référence à une famille arabe descendant des Adrissas du Maroc qui se sont réfugiés dans le Djebel Amour en Algérie après la chute du Royaume de Fès. Il est important de ne pas confondre ce style musical avec le Reggada, danse berbère originaire du Rif. Les deux styles sont semblables, mais différents. La aarfa rifaine, qui a donné naissance à la reggada, est très similiaire au allaoui oranais.

Signification
Les hommes dansent en se tenant coude à coude, comme soudés les uns aux autres en scandant leurs corps ,frappant des pieds pour exprimer leur attachement à leur terre et montrer leur capacité d’endurance. Cela signifierait l’unité indissoluble qui devait, autrefois, lier les guerriers face à l’ennemi. Avec chacun d’eux un fusil ou une canne dans la main. Pour ce qui est des femmes, elles font le safe (rang), elles forment deux lignes parallèles et dansent dans un mouvement « avançant/reculant », tout en tapant sur des bendirs.
Danse, rythme et instruments
Riche en percussion comme le galal, gasba, darboukka et le bendir mais aussi de rythmes et expressions. Elle est exécutée par plusieurs danseurs guidés par un meneur.

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