TAILLE DE LA PIERRE À BOUIRA.


TAILLE DE LA PIERRE À BOUIRA

Un procédé inédit
Par leurs tailles, leurs formes, leurs couleurs, les pierres ont de tout temps exercé sur les hommes une grande fascination. L’intérêt qu’elles suscitent chez eux va au-delà de la simple curiosité. Dès le paléolithique, le travail de pierre ne cesse de se développer, passant du biface ou coups de poings à des outils ou armes de plus en plus ouvragés. Cette époque reçoit un nom en relation avec cette activité lithique : l’âge de la pierre taillée.
Mais en raison de leur caractère immuable, elle flatte chez l’homme un désir d’éternité. Les puissants de ce monde rêvent de constructions qui traverseraient les siècles. Ainsi, naissent les pyramides, les châteaux, les cathédrales et les temples dont les vestiges nous remplissent encore d’étonnement et d’admiration. Les peintres eux choisissent les grottes pour leurs représentations animalières. Quoiqu’il en soit, le travail de la pierre va, au fil des siècles, se transmuer en industrie. Aujourd’hui encore, cette activité a plus que jamais cours. La forme en est artisanale. C’est que ce noble matériau continu à être très prisé, très demandé pour la construction, le pavage des rues et des trottoirs et la décoration des murs et des façades. Un maitre artisan, Mohamed Rezkallah, va innover en la matière : il affirme, en effet, détenir un procédé unique en son genre. Il consiste à marier les formes et les couleurs de manière à obtenir un effet saisissant d’harmonie et de force. De quoi s’agit-il, en fait ? De monter la pierre comme un joyau dans un cercle ou un cadre en métal ou en bois et de réaliser un assemblage à des fins décoratives. Observons que ce travail qui ne manque ni d’habileté ni d’originalité, n’est pas sans rappeler les mosaïques des vitraux des églises ; d’ailleurs, le terme de mosaïques est de notre innovateur. Le gris ardoise de la pierre de Taourirt, le jaune pâle de la pierre de Aïn Safra ou d’El Bayadh, le rouge de la pierre de Laghouat ou de Djelfa (pas moins de cinq variétés) , une fois mises en place et assemblées, évoquent bien ces vitraux qui par leur surfaces colorées et chaudes frappent le regard et le maintiennent captifs. Mais la technique d’assemblage s’en éloigne, même si elle vise à produire un effet optique et esthétique. Cette mise en valeur de la pierre par sertissage et assemblage pour les différents usages énumérés plus haut est source de richesse et d’emploi ; elle pourrait générer une vingtaine de postes et faire travailler à plein temps les quelque 200 ouvriers qui exploite le gisement de Taourirt, à l’est de la wilaya de Bouira. Le gisement en question s’étend sur une vingtaine d’hectares et a une durée d’exploitation de soixante-dix ans environ. Autant dire que la technique va servir plusieurs décennies encore. En tout cas, elle a séduit quelques promoteurs étrangers et bientôt elle sera mise en pratique. Exposée au wali de l’époque, ainsi qu’au président d’un parti qu’elle a séduit, au point de valoir à son auteur des encouragements enthousiastes, l’idée de mise en valeur de la pierre a vu sa concrétisation retardée par suite du climat d’insécurité ayant sévi pendant la décennie noire. Avec le retour de la paix dans la région, l’initiateur de ce projet veut le relancer et apporter ainsi sa pierre à l’édifice national. Ce procédé n’est pas resté une idée figée, à l’état d’un projet qui attend d’être sorti des cartons pour être mis en forme. Il a déjà porté ses fruits, comme nous le montrent ces photos où l’on voit les murs de la cour de son concepteur construite avec ces pierres emprisonnées dans un mortier fin qui donne l’impression qu’elles sont imbriquées les unes dans les autres et de tenir toutes seules, Intitulé VPPNA (Valorisation et Promotion naturelle de la pierre d’Algérie), le procédé est décrit par son auteur comme «un processus original et inédit en matière d’utilisation de la pierre en décoration-sinon un art où la pierre reprend, s’approprie et garde son titre de matériau noble destiné aux œuvres d’architecture de prestige et de haut standing » et encore : « Un tel travail exige beaucoup de talent et d’imagination dans toutes les façons d’utilisation de la pierre »; il requiert un sens artistique développé «dans le choix de la pierre design» et compétence dans « la pose de la pierre avec le souci obsessionnel de réussir un travail parfait. »Rappelons que ce procédé a fait, par le passé, l’objet de quelques articles de presse vantant ses qualités et ses retombées économiques pour la région.
Ali D.

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