Alger Z’Men (Abqâw âlâ khir ).


Alger Z’Men (Abqâw âlâ khir ).

Qui se souvient de la chanson populaire Abqâw âlâ khir que chantait Fadila Dziria.
Je vous en transcris une partie : «Abqâw âla khir, abqaw âlâ khir/ Hadha el-ferh dîma, Allah yançar mwâlin el-khima/ Abqâw âla khir, Abqaw âla khir/ Ya el-mouâlin el-hâra, antouma chorfa ou bentkoum nouara». (Restez dans le bonheur. Que cette joie demeure toujours. Que Dieu fasse triompher les hôtes de cette maison. Ô vous qui l’habitez, nobles vous êtes et fleur est votre fille).
Qui ne se souvient pas de cette chanson de fin de fête, du départ, de toujours ? Oui, un départ heureux de fin de fête, dès la nuit tombée où les femmes lancent leurs youyous en même temps que leurs salutations, allant et venant dans le «west-eddar», se bousculant, qui pour arranger son «haïk m’rama», qui pour chercher son enfant. Ces femmes ennuagées de parfums divers et dont les yeux cernés de khol à faire fondre le plus froid des dockers à la chemla d’antan, femmes suaves et frêles mais assurées sur des chaussures noires gardées pour les belles occasions, femmes d’Alger, mais aussi de Constantine, de Tlemcen, de Béjaïa ou d’ailleurs, femmes de chez nous…
Non ! Ce n’est pas de la nostalgie. Ce sont là nos traditions, les unes éparses et d’autres enfilées comme un collier de perles, sûres et durables. Et ce qui fait le collier, ce ne sont pas les perles mais le fil qui les retient, c’est-à-dire la solidarité qui unissait les femmes. C’était l’époque où les Algériens savaient partager la misère, l’époque où l’on se soutenait dans la peine. C’était l’époque des fêtes organisées dans une cour ou dans des chambres aux matelas posés par terre et qui permettaient à la chaleur humaine et aux esprits de se transmettre par capillarité. Le bonheur d’être simple et de ne pas trop dépenser. Le plaisir des yeux à regarder des tentures bigarrées ou un sandouk, coffre à fleurs multicolores. Le plaisir aussi de goûter le café à l’eau de fleurs d’oranger, accompagné de gâteaux à base de semoule, de pâte de dattes, d’amandes et de miel. Cela suffisait pour délecter les palais quand, de nos jours, on s’empiffre de pâtisseries spongieuses dans le tohu-bohu de salons d’hôtel sans chaleur ou des garages aménagés hideusement comme des paraphes d’insultes.

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