MAWLID ENNABAOUI ECHARIF Entre traditions et coutumes.


MAWLID ENNABAOUI ECHARIF

C’est dans la nuit du samedi 4 février au dimanche 5 février 2012 qu’a été célébré le Mawlid Ennabaoui au niveau national. Dans les villes et villages de la wilaya de Tissemsilt, cet événement a revêtu des aspects particuliers et spécifiques à chaque région et correspondant au respect de leur propre tradition.
La wilaya de Tissemsilt, a elle aussi célébré le Mawlid Ennabaoui Echarif, fête qui commémore la naissance du Prophète Mohammed (QSSSL) et qui est l’une des fêtes religieuses les plus appréciées des Tissemsiltis eu égard à la dimension spirituelle, religieuse de cette commémoration, un rite qui se perpétue de génération en génération et les aspects de cette célébration sont perceptibles plusieurs jours avant le jour J et dans les marchés de la ville ; l’on remarque que les victuailles pour accueillir ce jour de Aïd (fête) sont multiples et variées en commençant par les bougies de toutes les formes, les encens, les fumigations de bkhour et autres produits artisanaux comme le henné, sans oublier les pétards qui, en dépit de leur interdiction de vente, refont surface et s’arrachent comme des petits pains aux enfants dans la plus grande indifférence des parents qui ne pensent qu’à faire plaisir à leur progéniture, mais oublient les multiples dangers qu’ils encourent en jouant avec de tels engins explosifs. Chaque année donc, à cette occasion, des veillées religieuses ont été organisées dans les quatre coins de la cité de l’Ouarsenis. Le point commun de ces festivités reste le port de vêtements traditionnels pour se rendre aux lieux de prière, l’échange de visites, l’accompagnement des enfants pour des sorties en famille sans oublier les incontournables, à savoir l’achat de nouveaux habits pour les enfants et les fruits secs. Le «Rougag» préparé à la maison par les grands- mères et le poulet ou chapon élevé en plein air que l’on prépare farci au dîner, mais un seul bémol : les prix qui flambent en cette période de l’année où les commerçants se frottent les mains, car ils attendent de telles occasions avec grande impatience pour imposer leur diktat de prix. Un petit tour dans les ruelles de souk h’lima suffit pour s’en rendre compte : les dattes et les raisins secs, les amandes et les noix et noisettes ou du moins ce qui reste sur les étals des marchands après le Yannayer sont très chers, et le prix du poulet vivant dépasse tout entendement entre 700 et 1.000 DA la pièce, le poulet éviscéré à 380 DA le kg. C’est exorbitant, nous fait remarquer El Hadja venue accompagnée de ses petits-enfants pour les achats du Mawlid Ennabaoui. «Ce sont les prix du marché. Il faut savoir que les gens achètent de moins en moins les fruits secs au cours de l’année. Nous sommes donc obligés de profiter des fêtes religieuses pour écouler nos stocks. Nous aussi, nous avons des enfants à nourrir », se défend un commerçant. Paradoxalement, malgré les prix élevés des marchandises, les Tissemsiltis ne se privent pas et les rues commerçantes et les souks sont bondés de clients venus se faire plaisir et rendre heureux leurs enfants en cette fête religieuse et sacrée. En plus de son caractère social, puisque des familles entières se réunissent autour de mets préparés spécialement pour ce jour, Al Mawlid constitue pour les Algériens une occasion de perpétuer des traditions, devenues par le temps patrimoine culturel et populaire de tout un peuple jaloux de ses valeurs morales et de son identité nationale, nous explique le doyen des imams de la ville de Tissemsilt. C’est aussi un moment opportun pour rappeler les nobles préceptes de l’Islam et inviter les fidèles à revigorer leur foi et s’imprégner des valeurs spirituelles et morales de la religion musulmane, ajoute-t-il en guise de conclusion à ces propos indicateurs d’une grande clarté théologique et de sens de l’exégèse de ce personnage qui, le soir venu, pendant la prière d’el Maghreb à la moquée « Abou Bakr Es Seddik, draine de grandes foules de fidèles qui viennent assister à ses prêches et leçons religieux. Déjà, lors de la soirée du samedi, la grande mosquée de « Abou Bakr Essedik» de la ville de Tissemsilt a regroupé, dans son enceinte, des centaines de fidèles qui, en présence des autorités locales de la wilaya de Tissemsilt, ont assisté à une cérémonie religieuse marquée par la récitation des versets du Coran, suivie d’une cérémonie de récompense des meilleurs récitants du Coran, parmi les jeunes ayant pris part à un concours organisé par la Direction des Affaires Religieuses. Ce climat de commémoration s’est poursuivi, à travers toutes les mosquées de la région de l’Ouarsenis, où des soirées religieuses marquées des récitations collectives du coran et des chants religieux «Madeh», ont été de mise, célébrant ainsi la naissance du prophète Mohamed (Que le Salut soit sur Lui). Au cours de ce rendez-vous religieux, les imams ont mis en exergue dans leurs interventions les significations profondes de l’évènement de la naissance du prophète et de sa conduite. Les fidèles, que ce soit dans les mosquées ou chez eux, ont attendu l’heure présumée de la naissance du prophète et les femmes ont lancés tout de suite des youyous comme le veut la tradition, en chantant et allumant des bougies, sans compter le henné pour les tous petits. Pour le Mawlid Ennabaoui 2012, les imams des mosquées à travers la wilaya de Tissemsilt n’ont pas cessé de sensibiliser les fidèles afin de ne plus commercialiser ni utiliser les pétards. Ceci bien que la loi interdise la vente des produits pyrotechniques.
Abed Meghit

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