Bouira. Un Conte séculaire du Djurdjura


La légende de Mimouna : monstre ou sainte ?
Dame Mimouna dans sa grande sagesse a tout prévu, afin que chacun puisse bénéficier de sa bienveillance. Pour d’autres, cependant, Mimouna est loin d’être une sainte. Elle est même décrite sous les traits d’une ogresse
Mimouna, ce n’est pas seulement une montagne d’un pittoresque à couper le souffle située dans la commune de Haïzer, dans le Djurdjura. C’est aussi un personnage, aujourd’hui légendaire. Pour certains, c’était une femme qui vécut en anachorète, dans une des grottes si nombreuses de cette montagne dont le pied baigne dans l’oued Boudra. De cette vie ascétique, cette femme finit par acquérir un réel pouvoir qui, si on l’invoque aujourd’hui, peut exaucer les vœux et les prières des fidèles. On se rend alors à la montagne Mimouna et on y fait un vœu ou une prière, puis on se soumet à une épreuve assez simple en apparence mais qui s’avère difficile en réalité, car il faut traverser un passage creusé à même la roche et qui fait une courbe. Mais si l’on y arrive, cela voudra dire qu’on a été entendu par la patronne des lieux. Hassina, une étudiante de Tizi Ouzou, est parvenue à franchir deux fois le passage. Malgré sa sveltesse, elle n’y est arrivée qu’au bout de difficultés extrêmes. Quand au 2e essai réussi, elle a enfin crié victoire, un initié s’est approché et par curiosité lui a demandé si elle avait formulé un vœu. Elle a répondu que c’était un défi. Mais peut-être que Hassina, qui comme toutes les filles de vingt ans, porte en elle quelques rêves, tentera-t-elle une troisième fois l’expérience ? Mais cette fois-ci, serait-ce avec un vœu ? A l’opposé, un autre passage, d’un diamètre plus large, aux parois tout aussi lisses par les contacts répétitifs des mains de pélerins, est réservé aux personnes corpulentes et aux femmes enceintes. On voit ainsi, que Dame Mimouna dans sa grande sagesse a tout prévu, afin que chacun puisse bénéficier de sa bienveillance. Pour d’autres, cependant, Mimouna est loin d’être une sainte. Elle est même décrite sous les traits d’une ogresse. Selon cette légende, qui a permis de tirer une pièce de théâtre jouée au Festival des montagnes où Mimouna occupe une place privilégiée, l’ogresse, en question, affamée, a dévoré une nuit ses enfants, dont trois seulement ont échappé au carnage : Moussa, Daoud et Nadjar. Les trois rescapés de ce cannibalisme fondaient plus tard trois tribus dans la région à qui ils ont donné leurs noms : Ath Daoud, Ath Moussa et Ath Nadjar. Pour punir cette Médée des temps modernes de son crime odieux, le ciel a transformé l’anthropophage en pierre. II serait curieux de voir la réaction de ceux qui croient que Mimouna est une sorte de sainte.Chez laquelle ils vont, dans sa grotte, lui demander parfois assistance et que leur « protectrice » est représentée sous les traits d’un monstre. En tout cas, les deux versions de la légende de Mimouna que le festival tente de faire revivre cette année, dans sa 2e édition, coexistent sans la moindre gène.
Ali D.

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