L’exploitation des végétaux chez les Touaregs.


L’exploitation des végétaux chez les Touaregs.

Chez les Touaregs, l’agriculture est très limitée. Au Nord, dans les zones désertiques, elle est pratiquement impossible. Dans l’Aîr, le jardinage irrigué est pratiqué dans les Oasis. Au Sud, au Mali et au Niger, on cultive le mil et le sorgho.
Les Touaregs exploitent admirablement les ressources de la rare végétation désertique. On les a accusés de dégrader leur environnement. C’est un faux procès et ils en connaissent admirablement les rares ressources naturelles. Ils ne prélèvent que le strict nécessaire.
L’utilisation des ressources des arbres est étonnante. En voici une liste non exhaustive :
Le bois de chauffage est utilisé pour se chauffer et cuisiner.
Le bois d’œuvre est utilisé par l’artisan.
L’arbre sert de fourrage par ses feuilles et ses fruits.
L’arbre est nourriture par ses feuilles (Maerua Crassifolia), sa gomme (Acacia seyal) ou par ses fruits ou ses baies.
L’arbre fournit des médicaments, la pharmacopée utilisant maintes feuilles et fruits.
Certaines espèces d’acacias permettent de produire du tanin (écorce d’Acacia ehrenbergiana et gousses d’A. Nilotica)
Un arbre (Balanites aegyptiaca) permet d’obtenir du savon.
Les racines de certains arbres servent aux bergers pour tailler leurs bâtons.
Les racines d’acacias permettent de fabriquer des cordes pour entraver les chameaux.
Les palmes des palmiers permettent de tresser des nattes.
On utilise le tessaq (Salvadore persica) pour confectionner des bâtonnets qui servent de brosses à dents, et dont les vertus curatives ont été démontrées.
L’arbre enfin, fournit l’ombre, indispensable en milieu de journée pour le repos.
On suspend la plupart des objets aux branches des arbres, afin d’éviter qu’ils ne soient attaqués par les termites.
Certains arbres sont sacrés :
Le plus craint est l’Aggar (Maerura crassifolia). On ne peut s’en approcher et s’asseoir à son ombre sans jeter une pierre contre lui ou donner un coup de hache sur son tronc. Son bois, qui se consume, dégage une fumée qui peut rendre aveugle. Il produit un charbon de bois que l’on utilise pour chasser les mauvais génies. Dans l’Ahaggar, on enduit le corps d’un enfant fiévreux de ce charbon de bois, pour en chasser les mauvais génies. L’Aggar a aussi la réputation de vaincre tous les talismans, et c’est pourquoi on utilise son bois comme projectile contre les ennemis. Enfin, quand une femme est répudiée, elle doit faire trois mois de retraite (elludet) sans se marier et surtout sans participer aux réunions galantes (asfri). Elle recherche alors un Aggar isolé, et lui fait cadeau d’un peu de tazult (de l’antimoine utilisé pour le maquillage) d’un peu de fard, d’un peu de parfum et d’un chiffon. A partir de ce moment, c’est l’arbre qui assume l’elludet et la femme peut se rendre à l’asfri .
L’aboragh (Balanites aegyptica) possède une réputation analogue. Il faut retirer sept épines d’une de ses branches avant de s’asseoir à son ombre.
La gomme de Commiphira est utilisée pour les fumigations par les femmes. Elle est réputée chasser les mauvais génies.
Le jujubier (tabakat). On dit que le branchage d’un jujubier se serait refermé sur le Prophète Mohammed poursuivi par des ennemis et l’aurait caché. En mémoire de ce prodige, il est interdit de l’abattre et d’en couper les branches.
L’olivier sauvage (Oleaster). Comme dans le Nord, on consomme évidemment les olives.
Dans le Tassili n’Ajjer subsiste une espèce de cyprès rarissime, le cyprès de Duprez (Cupressus dupreziana). Il n’en subsiste que quelques centaines de spécimens. Considéré comme un fossile vivant, il jouit d’une durée de vie exceptionnelle, puisqu’il peut survivre plus de cinq cents ans. Il est interdit de l’abattre, les touaregs le considérant comme un arbre sacré. Cette croyance correspond à des nécessités : cet arbre, dont les racines sont très profondes, ne pousse que sur le trajet des cours d’eaux souterrains. Sa présence est un indicateur pour savoir où creuser un puits. Sa longévité fait que chaque arbre possède un nom particulier. Il est pour les guides une véritable borne.
L’herbe sert avant tout de fourrage, mais certaines graminées servent de nourriture. Certaines graines sont récoltées, principalement le riz et sorgho sauvage. Elles tiennent un rôle important dans l’alimentation. Certaines graminées permettent de tresser des nattes paravents. Certaines herbes sont également utilisées comme médicaments.
On le voit, les végétaux ont une importance extrême pour les Touaregs.

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