Sarma (coiffe).


Sarma (coiffe)

Titre / dénomination : Sarma (coiffe)
Lieu de découverte : Algérie, Alger
Date / période : XVIIIe siècle
Matériaux et techniques : argent ; décor ajouré et ciselé
Dimensions : H. 63,5 cm ; l. base : 15,5 cm

Ville de conservation : Alger
• Lieu de conservation : musée national des antiquités et des Arts islamiques
• Numéro d’inventaire : II .MI, 282

La sarma est une coiffe métallique conique faite de deux parties emboîtées l’une dans l’autre : la première, un demi-cône tronqué et creux, retenu contre la tête par de minces foulards ou bandeaux[1], s’appuie sur le front ; la seconde, plus petite, qui sert à contenir les cheveux, consiste en une mince plaque d’argent percée de motifs d’arabesques.
Coiffe des femmes d’Alger au début du XIXe siècle, elle était portée par les épouses des notables durant la période ottomane. Il semble qu’au XVIIIe siècle, sa hauteur devint plus importante, entraînant une augmentation de son poids, les plaques métalliques furent alors remplacées par un système de fils métalliques, soudés entre eux et enlacés en de longues arabesques.
Ce sont ces fils métalliques qui seraient à l’origine du nom sarma, encore utilisé au début du XXe siècle par les artisans selliers tunisois, pour distinguer le fil d’argent ordinaire enroulé sur fil de soie et le sarma (fil d’argent pur). Arrivé au Maghreb par l’intermédiaire des Levantins, ce nom serait d’origine gréco-byzantine (de syrma : filet métallique utilisé pour la dentelle ou la broderie). En Turquie ottomane, sirma désigne également le fil de métal fin qui est appliqué sur les étoffes après avoir été tordu en arabesques, alors que sarma correspond à un simple point de broderie équivalent au point satin. En Syrie et en Palestine, à la fin de l’époque ottomane, le nom de sarma est attribué à une robe de velours brodée en point satin avec du fil d’or.
Les premières descriptions de cette haute coiffe proviennent de voyageurs européens des XVIIIe et XIXe siècles. Certains datent son apparition du XVIIIe siècle et lui attribuent une origine proche orientale[2]. Sa hauteur reste à l’origine de cette hypothèse car depuis la haute Antiquité, les civilisations des rivages occidentaux ont hérité du principe de la coiffe haute, via l’Égypte ancienne et le Proche-Orient. Au second millénaire avant J.-C., les Syriennes portaient des tiares cylindriques élevées, recouvertes à l’arrière d’un voile. De la Crète à la Phénicie, en passant par Carthage et l’Ibérie, les tiares étaient largement répandues dans les cours royales.
Plus tard, les Mamluks d’Égypte, héritiers du fastueux costume fatimide, généralisèrent le port de hautes coiffes féminines appelées tantûr dans le costume citadin[3]. La coiffe ressemblait à un gobelet, recouvert d’un tissu précieux[4].
L’évolution des coiffes au Maghreb entre le XVIe et le XVIIe siècle a suivi un parcours distinct de celles de Méditerranée orientale ; les tiares couvertes de draperies n’ont jamais figuré dans les costumes féminins des capitales d’Afrique du Nord placées sous tutelle ottomane.
La hauteur de la sarma et le voile fin qui l’orne quelquefois ont encouragé un parallèle avec d’autres coiffes européennes, comme le hennin du XVe siècle, ou le hennin de l’Angleterre élisabéthaine. Alger connut l’afflux, à la fin du XVIe siècle, d’un grand nombre de gens du Nord : Anglais, Flamands ou Hollandais. Le lien avec le hennin rejoint l’hypothèse d’une origine proche-orientale, puisque il serait possible que des influences orientales aient contribué à l’invention de coiffures extravagantes qui rappellent certaines mitres portées par les Syriennes. On connaît d’autres exemples de sarma l’un appartient aux collections du musée du quai Branly[5], l’autre au Liban, au musée de Beiteddine[6]

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