Petite histoire de BLIDA.


Petite histoire de BLIDA

Blida fut fondée en 1553 par Ahmed El Kébir avec le concours d’immigrants andalous, qui importèrent dans la
région l’art de l’irrigation, la culture de l’oranger et l’industrie de la broderie sur cuir.
Kheïr Ed Dine, leur protégé, fit construire à leur intention une mosquée, des bains et un four banal entre la place d’armes et le marché actuel.
Cest une ville charmante, aux maisons pourtant assez modestes – charmante par sa situation « la plus agréable du monde » et par la fertilité de son sol, bâtie à l’extrémité de la plaine, au pied des premiers contreforts de l’Atlas. De hautes montagnes la dominent, des eaux vives l’arrosent, des orangers toujours verts, toujours en fruits, toujours en fleurs, l’entourent et pénètrent jusque dans l’enceinte de ses maisons.
Une enivrante odeur, un air tiède et doux bercent les sens et nous fait comprendre l’antique mauvaise renommée des moeurs blidéennes. Au temps des Turcs, elle fut un lieu de plaisir pour les janissaires et les relis d’Alger – une sorte de Capoue musulmane. Ainsi l’avait-on surnommée « Quahba » (la prostituée). Elle était en effet la ville des roses, des jasmins et des femmes. Elle apparaissait en face de Koléah – la sainte, comme une image des joies promises. Il y avait de grands cafés pleins de musique, de petites maisons habitées par de petits plaisirs. Les gens de guerre venaient s’y délasser, les jeunes gens s’y corrompre.
Il n’y eut longtemps qu’une rue commerçante et cette rue offrait un tableau plein de vie et d’originalité. C’était un long berceau de vigne, sous lequel causent, fument ou trafiquent une quantité de gens qui semblaient n’avoir pas autre chose à faire, en ce monde, que se promener, boire le café et passer le temps.
En Afrique, tout est si essentiellement provisoire, surtout la vie, que, hors le moment où ils marchent et se battent, la plupart des gens n’y ont rien à faire, rien à attendre. Personne ne s’inquiète de ce qui peut y arriver. Chrétiens et Musulmans ont pris de longue date, l’art de se résigner à toutes les aventures et s’ils comptent sur quelque chose, c’est sur l’imprévu.
Blida a cependant tant de « choses » pour prospérer. Là où les arabes n’ont vu qu’un agrément, l’industrie française a trouvé des fortunes. L’air salubre, le climat très doux ont aidé les cultures européennes.
Elle fut plus d’une fois renversée par des tremblements de terre – les marabouts ne manquèrent pas d’y voir des preuves de la colère du ciel. En mars 1825, elle fut détruite. Après avoir songé à fonder une nouvelle ville, les blidéens rebâtirent leur cité sur le même emplacement.
Le 25 juillet 1830, le maréchal de Bourmont y tenta une percée et le maréchal Clauzel y pénétra le 19 novembre suivant au prix d’un combat sanglant. Il l’évacua à son retour de Médéa.
Le duc de Rovigo saccagea Blida en 1834 mais il l’évacua également.
Le 3 mai 1838, le maréchal Valée y pénétra et créa, aux portes de la ville, deux camps où il mit garnison. Les camps sont devenus les villages de Joinville et de Montpensier.
En 1839, la ville elle-même fut définitivement occupée. Elle subit, le 2 mars 1867, un nouveau tremblement de terre.
Un jour, Blida n’eut plus rien d’arabe et redevint une ville de garnison moderne tirée au cordeau , sur les débris de l’ancienne ville arabe dont il reste peu de traces, la Nouvelle Blida fit oublier l’ancienne.
Jules Roy nous parle encore de Blida avec beaucoup d’amour. Acceptons qu’il soit cité là…
« De son kiosque à musique, sur la place d’armes, fuse toujours le plumet d’un palmier. Les hauts lampadaires de bronze datent de Napoléon III…
A la fête de Blida, nous nous donnions rendez-vous au bout du boulevard planté d’orangers – les filles de Blida avaient leur renommée : elles étaient irrésistibles. Le quartier du l’ tirailleurs s’ouvrait à deux pas du fameux palmier entouré comme d’une cour, de maisons avec balcons et arcades. Les cafés avançaient leurs tables sous les lampions
On disait que Gide avait écrit là « les nourritures terrestres ». Ses amours à lui, il les trouvait au bois sacré. Os Wilde aussi.
Le jour de la fête, la fanfare des spahis sonnait dès le matin, les rues claquaient sous le sabot des chevauy, l’éc des trompettes vrillait le ciel. A midi, débouchait la « nouba » des tirailleurs avec, en tête, son bélier à cornes enroulées derrière, son chapeau chinois. Après quoi, les orchestres s’installaient dans le kiosque avec un paso doble, puis c’étaient valses, les tangos.
Toute la plaine était là. Les têtes tournaient. L’arôme d’absinthe et les colliers des jasmins grisaient.
Le soir, de tradition, un orage éclatait, roulait sur les pentes, puis s’éloignait. Quand la pluie s’arrêtait, on entes doit le tambour nègre du quartier des prostituées, un peu plus haut, entre la ville et la montagne avec, sur le pas des porto des créatures pareilles à des houris, aux yeux élargis par le khôl. C’était l’amour, comme en Andalousie, avec des grelots l’aigre chant des raïtas.
Sur la place, l’orchestre reprenait ses flonflons, les garçons de café essuyaient les tables’…
Sources : Eugène FROMENTIN : « une année dans le Sahel » Colonel TRUMELET : « Blida »
Louis VEUILLOT : « les Français en Algérie »
Jules ROY : « Adieu ma mère, adieu mon coeur » 1995

Ville de BLIDA : Elections municipales du 1er Mai 1904
(Source: Le Blidéen du 28 Avril 1904)
Francais

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