Artisanat Kabyle (Grande Kabylie).


Artisanat Kabyle.

Les spécialistes font remonter l’origine de la poterie kabyle à la protohistoire voire à la période néolithique(8000 à 6000 ans avant J.C.). En Grande Kabylie, le modelage, la cuisson et la décoration de la poterie est un artisanat typiquement féminin, par opposition au façonnage, à la décoration et la cuisson des tuiles qui est une activité réservée aux hommes.
La matière première est l’argile (kaolinite) à des degrés divers de pureté. Les poteries kabyles entrent dans la classe des poteries tendres à pâte argilo-sableuse, cuite à relativement basse température. Sur la poterie décorative la glaçure est mince et incolore.

Cette poterie, modelée à la main, a le plus souvent, un usage domestique et par la même possède un caractère utilitaire (plats à galettes et à couscous, pots à eau ou à sauce, marmite, cruches à eau, à huile, à vinaigre, à graisse, pots à miel, à semoule et à beurre, lampes, etc.). C’est dans la poterie décorative que s’expriment les thèmes décoratifs ancestraux comportant de nombreux motifs stylisés empruntés pour la plupart à la vannerie(treillis, quadrillages délimitant sur certains décors des polygones groupés en zones séparées par des cercles – à Oulkrou ces cercles constituent des bandes ornées d’une rangée de points)
-Oulkrou(coll. Ph.Langer)
Sur les poteries d’Oulkrou (ou Oulkhou), la palette est essentiellement trichrome: motifs rouge brique ou brun rougeâtre accentués de noir se détachant sur un fond crème. Les teintes sont lumineuses et chaudes.
Les centres de production étaient relativement nombreux en Grande Kabylie (Maatkas, Ath-Zmenzer, Betrouna, Tizi Ghenif, Aït-Chaffa, Oulkrou, Aït-Khelili….) mais malheureusement actuellement, faute d’une véritable volonté au plan national, ce savoir-faire risque de disparaître progressivement, les jeunes étant de plus en plus attirés par d’autres activités ou enclin à s’expatrier faute d’emplois sur place.
En Kabylie, la poterie participe aux pratiques religieuses ou superstitieuses. Ainsi, les lampes, les plats, les cruches ou les gargoulettes sont déposées sur la tombe d’un défunt ou dans un mausolée. L’ensemble plat-bougeoir-gargoulette est offert lors des fêtes de circoncision ou de mariage. Ces trois objets sont gardés à vie; ils ne doivent pas faire l’objet de prêt ou de vente. Dans le contexte de la croyance au mauvais œil, dans l’ancienne coutume on plaçait le plat réservé à la cuisson des galettes sur la toiture de la maison de la nouvelle mariée ou du nouveau né afin de leur éviter toute maladie.

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