AIN EL FOUARA (SETIF).


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Monument emblématique de Sétif
Aïn El Fouara

Monument emblématique de la ville de Sétif, Aïn El Fouara traîne derrière elle une histoire plus que centenaire. A l’origine, il s’agissait d’une simple fontaine, bâtie autour du jaillissement d’une source naturelle, chaude en hiver et froide en été. Mais le 4 juin 1894, le conseiller municipal Bastide proposa, lors d’une séance de travail, de la reconstruire car, selon son propos, «elle menace ruine». C’est alors qu’il a été décidé de la démolir et de la reconstruire entièrement. Seulement, pour ce faire, il fallait des fonds conséquents. Aussi, lors d’un déplacement à Paris, effectué durant l’été 1896, le maire Aubry sollicita le directeur des Beaux-Arts pour le don d’une statue afin de décorer la future fontaine. Sa demande ayant été agréée, le maire reçoit la fameuse statue en juillet 1898 après sa présentation à l’Exposition universelle de Paris.
Débarquée au port de Skikda, elle sera transportée sur une charrette et il aura fallu 12 jours pour arriver à Sétif. Mise en place, alimentée en eau à partir des bains romains du jardin Baral, situé à quelque 100 mètres plus loin, le monument laissera couler une eau pure au grand bonheur de la population.
Si la fontaine est l’œuvre du sculpteur Francis de Saint-Vidal, le socle et tout l’environnement architectural ont été conçus par un architecte français qui vivait à Sétif, un certain Eldin qui construisait aussi à l’époque le Théâtre de Sétif. Les travaux seront entièrement achevés en 1899. Depuis, ce chef-d’œuvre sculptural représentant une naïade dénudée juchée sur un rocher de 2 mètres de haut, offrant une eau claire jaillissant des interstices et des amphores, est jalousement préservée par la population car elle représente un pan de l’histoire de la ville.
Cette belle création artistique, incontournable au regard de tout visiteur de passage à Sétif, n’a pourtant pas connu la quiétude durant son centenaire d’existence. Bien au contraire, elle a failli par deux fois subir les assauts de la bêtise humaine, la première fois en 1986. Elle n’a dû son salut qu’à la protection et à l’assistance de la population qui s’est voulu un rempart contre les desseins malveillants de ceux qui voulaient la détruire. Malheureusement, en 1994, une bombe l’endommagera en partie. Un architecte œuvrera à colmater les fissures et à reconstituer les reliefs, redonnant ainsi à cette fontaine son aspect, voire sa splendeur originelle.
Cette fontaine, dressée au point stratégique de la ville de Sétif, demeure, aujourd’hui, un repère incontournable du centre urbain et comme tous les mythes se rattachant autour des fontaines, les Sétifiens disent que «quiconque boira de Aïn El Fouara y reviendra un jour».
Hassina Amrouni

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