Abdeslem Khelil : portrait d’un photographe atypique.


Abdeslem Khelil : portrait d’un photographe

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Abdeslem Khelil est un artiste photographe algérien né le 15 mars 1942 dans la ville de Ouargla. Il est propriétaire d’une galerie d’art en plein centre de la capitale algérienne, plus précisément dans la rue Didouche Mourad.

Cette galerie d’art n’est autre qu’un local sombre renfermant bien des mystères, et dans lequel il fait revivre ses souvenirs d’enfance les plus chers.
Les visiteurs, en entrant dans cet endroit mystérieux, sont tout de suite emportés dans un univers de rêve. Dans cette galerie, tout a été fait des mains de l’artiste, les meubles, le bureau, et même les murs.
Eh oui, les murs, car après un tragique incendie dévastateur en 1980, Khelil a perdu tout ce qu’il avait, et dû tout reconstruire. Tous ses meubles ont été inspirés de ses souvenirs d’enfance, ou sont en rapport avec un fait ou une situation vécus.
Outre l’endroit, le personnage, tout aussi mystérieux que sa propriété, est très accueillant et possède un regard très distingué et très pointu sur la société actuelle dans le pays, et donne une très grande importance aux valeurs humaines, qui, selon lui, devraient être enseignées à nos enfants dès leur plus jeune âge pour «cesser notre auto-destruction.»
Grand passionné de photographie, il a commencé très jeune en assistant son frère, il lui apportait de l’eau des puits pour développer ses photos. Il s’est ensuite lancé lui -même dans la photo. Sa première réalisation est un auto-portrait, il avait seulement dix ans à l’époque. Depuis, il ne s’est jamais arrêté.
Le sud algérien représente pour lui sa source, sa ressource, ses origines et donc naturellement, son bonheur. Très fier d’être Saharien, il affirme qu’«au Sahara, les gens n’ont rien à prouver, ils savent ce qu’ils sont».
Son rêve serait de retourner aux Sahara, loin des tracas de la ville, il l’a d’ailleurs dit lui-même : «Un jour, j’y retournerai. Même si je dois habiter une cabane de paille ; j’y serai heureux. Je regarderai la lune et les étoiles, œuvres de Dieu. Je serai loin du monde, des agressions de la ville, et près de la nature. Je retrouverai mon palmier et mon âne content de recevoir une carotte. La richesse est un état d’âme. L’homme est un perpétuel insatisfait et je refuse d’être esclave de la bêtise sociale».
Ces quelques mots montrent déjà la grandeur de l’esprit de ce grand homme à la pensée très poussée et très philosophique, et qui se contente de l’être sans penser à l’avoir. Reconnaissant envers le Créateur pour ce qu’il lui a donné, il est satisfait de ses plus grandes richesses: la connaissance et la raison. Le reste importe peu pour lui.
Enfin, dans sa galerie, on peut voir une bougie, toujours allumée. Il l’allume tous les matins, en hommage à une personne, à un évènement, à Dieu ou tout simplement à la vie . «La vie n’est pas du domaine du pouvoir humain. Je n’aime pas voler ou faucher Dieu, je veux accomplir mon noble devoir d’humain.»
Je conseille donc à tous les lecteurs de cet article d’aller rendre visite à cet immense artiste et d’apprendre de ses dires, de ses mots si chers et si riches.
LE MIDI LIBRE 16 Juin 2012

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