Histoire préhistorique de Bou-Saada. Le site préhistorique :


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Si Hérodote a pu écrire que « l’Egypte est un don du Nil », Youcef Necib le paraphrasant dans son étude sociologique, écrivait, que Bou-saâda est un don de sa rivière.

Des vestiges culturels des plus anciens, sont localisés sur les bords de l’oued. En amont de la cité, les chercheurs ont exhumé de nombreux outils préhistoriques sur la rive droite à 50 et 100 mètres entre Bou-Saâda et El-Hamel. Un autre site en aval, est signalé à Roumana à l’est de la ville. Des parois rupestres sont signalées à Tafza, à droite de la route menant à Sidi-Ameur.

Il est identifié plusieurs gisements, le « Zaccar », le «Es- Sayar », « El-Onçor ». Les couches archéologiques contenant les outils lithiques, sont à une profondeur allant de 0,50 à 1,60 m. Ce détail est important, il explique pourquoi de nombreux Bou-Saâdis détiennent, des collections d’outils préhistoriques.

Le site pré-romain et romain :

Les vestiges berbères pré-romains sont beaucoup plus nombreux, que les vestiges proprement romains. Les premiers présentent la souplesse et l’adaptation à la typologie du terrain, les seconds, la rigidité martiale des centurions.

C’est probablement ce trait urbanistique, qui fit penser que le « billard » du mont Selat (1600 m) fut habité par les Berbères. Les premières incursions romaines, notamment celles de la cavalerie, ont du, contraindre les Gétules, à se réfugier sur le piton montagneux du billard. Le promontoire barré, que Shaw évoquait au 18 é siècle, « chaîne de rochers escarpés que les Turcs appelaient « Hadjar Titerie »

Les nombreux vestiges d’habitations successivement occupées, par les Berbères, les Romains, les Hilaliens, les Ottomans….témoignent d’une habitation antique des lieux. Les flancs furent habités avant les romains. Les traces de demeures en cercle, évoquent le tombeau berbère de Cléopâtre Sélénée dit « tombeau de la chrétienne ».

Vestiges berbères et romains au sud -est de Bou-Saâda

Les sites d’El Arais sur la route Bensrour Oued Chair, Essakhra à Ain Benmiloud, El Gahra, site archéologique de 8 ha, El Kharba vers Boumellal, Site de Ain soltane en bordure de Oued Mellah à Zerzour (1), témoignent d’une présence humaine antique

La cité arabo-musulmane :

Lieu habité depuis les temps immémoriaux, point de rencontre entre les routes du nord, du nord ouest, de l’ouest et le sud, le site de Bou-Saâda se serait constitué en agglomération, pour offrir une halte au commerce caravanier. Lieu de ravitaillement des hommes et de leurs montures en nourriture et eau, Bou-Saâda, se serait édifiée sur la richesse des autres régions : Dattes du Zab, graines du Tell, laine des Hauts- Plateaux et produits artisanaux de l’Algérois et du Constantinois, de Tlemcen et de Ghardaïa. Ainsi adossée au mont Kerdada et protégée à l’ouest par les monts des Ouled-Nail et le Selat, la cité, se serait agréablement laissée croître dans la sécurité de son site et la prospérité de ses affaires…avec bonheur (Saâda), d’où elle tire son toponyme.

La Reconquista espagnole (1492) qui bouta de Grenade, les derniers musulmans d’Andalousie, ouvrit la voie à un nouvel exode d’ouest en est, à l’inverse de la conquête arabe. Deux hommes de foi, décidèrent de s’établir dans cet endroit à l’effet d’adoucir, par la parole divine, les mœurs de bédouins rustres et belliqueux. Il s’agit de Sidi-Slimane ben Rabèa et de Sidi-Thameur co-fondateurs de la cité du bonheur. Ils auraient acheté ce bout de paradis aux Bédarna, tribu autochtone. On fait remonter sa fondation au début du16è siècle.

Créée autour de la mosquée de Sidi-Thameur, (El Masdjid El Attik), la médina s’est développée au gré de la descendance du saint homme. Cinq fractions se partagèrent le tissu urbain : les Ouled-Hamida, les Ouleds-Attig, les Zoghom, les Ouleds Harkat et les Mouamine. Elle est le centre de rayonnement de plusieurs tribus (Archs). Elle est la jonction entre la tente rouge, des Ouled Nail et la tente noire du Hodna. Cette communauté à la fois citadine et pastorale, est composée des entités suivantes : Arch Bou Saada, les Ouled Omor ben Fradj,les Ouled Ghrib, les Ouled Ali ben M’hamed,les Ouled Ameur,les Ouled Sidi Brahim, les Ouled Khaled, les Ouled Slimane, les H’malet, les Houamed, les Ouled Ahmed, les Ouled Sidi Ziane, les Ouled Madhi ,les Meraksa,les Ouled Amara, les Ouled Aissa, les Ouled Azzouz et les Chorfa d’El Hamel.

A l’instar des vieilles médinas, elle se caractérisait par l’économie du terrain d’assiette du bâti, au profit des terres cultivables. La densification du bâti sacrifiait les espaces communs, pour des raisons évidentes de sécurité. Les venelles étroites, sinueuses et ombragées, menant souvent à des culs-de-sac, prémunissaient ainsi les habitants, des agressions de l’homme et du climat. De forme pyramidale, le ksar offrait à son faîte, un mirador pour le guet. Le bois était fourni par les troncs de vieux palmiers, la chaux fabriquée par les nombreux fours artisanaux, mélangée au sable fin de l’oued, offrait un excellent mortier. La ferronnerie et la forge fournissaient, la serrurerie des bâtisses, le harnachement et le fer aux chevaux. Le couteau bou-saâdi est l’un des vestiges, de l’art industrieux de la forge.

Chaque quartier disposait d’une place publique, servant aux regroupements et aux échanges commerciaux. On y trouvait, l’écurie, le fondouk et la fontaine publique. Le centre nodal des quartiers ou harate était la mosquée. La djemaâ ou assemblée des sages, gérait la chose commune.

Les jardins luxuriants et la palmeraie, pourvoyaient à la subsistance des hommes et du bétail. La périphérie de la cité servait au pacage du cheptel, d’où l’on tirait du lait et ses succédanés (beurre rance et lait déshydraté) et de la laine, poils de chèvre ou de chameau. La tannerie fournissait la matière à la sacherie, sellerie et la cordonnerie.

Le métier à tisser, entre les mains des femmes, est l’instrument complexe généré par le génie de l’homme, qu’il a développé pour se vêtir et se couvrir. Son montage et sa manipulation ne peuvent participer, que d’esprits intellectuellement évolués.

Le burnous, attribut steppique était l’apparat des hommes, lors de la saison froide ou des cérémonies. La cavalcade nuptiale ou cérémoniale, était l’un des traits saillants de ses fougueux cavaliers. Le fusil et le sabre, en étaient les atours.

Peu spoliée par des vocables étrangers, la langue usuelle a conservé son purisme hilalien. La geste hilalienne, orale par essence, a trouvé un riche réceptacle. Elle survit encore parmi les vieilles personnes et quelques enclaves bédouines. Le billard de Salet, porte le nom du célèbre Dhiab El Hilali de la saga hilalienne de Dhiab et de Djazia. Cette épopée romantique, se rapprocherait de celle de Annaba et de Mascara. L’ode poétique se transmettait de père en fils. Les bardes des tribus se livraient à des joutes poétiques en lieu et place du sabre et du feu. Le Ma’ar, poésie bédouine pamphlétaire, faisait craindre l’auteur et réduisait l’orgueil et autre vanité.

Après plusieurs campagnes menaient contre la résistance de Cheikh Mohamed Benchabira sans succès, la cité abdiquait le 25 novembre 1849,sous les coups de boutoir de l’armée d’Afrique. Cheikh Bouziane ne prédisait-il pas que la chute des Zaatcha sera ineluctable, si la résistance de Bou-Saada était réduite au silence. Des renforts venus de Constantine, de M’sila et de Médèa, sous la conduite du colonel Pein, n’en vinrent à bout que grâce à l’artillerie lourde. Sa farouche résistance, la vouait aux pires exactions. Les Zaatcha tombaient en 1852. Les Ouled Ameur, alliés d’El Mokrani se faisaient durement réprimer lors du soulèvement de 1871. L’Emir El Hachemi, élisait domicile à Harat-Echorfa sur recommandation de son illustre père, l’Emir Abdelkader Al Djazairi. (2) Il y est enterré.

Le quartier colonial qui s’est développé au niveau du plateau de la discipline, connotation militaire s’il en était besoin, rappelait le pays des « Roumi » par la rectitude de ses rues, l’asphalte de la chaussée et ses façades uniformes. Au sentiment de dépossession, s’ajoutait la brimade. Celle-ci était rappelée, par le tribunal, le commissariat et la gendarmerie. L’arabe ne disposait que du bureau Arabe ou bureau des affaires indigènes. L’expropriation terrienne ne suffisant pas, on y ajoutait la dépossession culturelle. Les hôtels coloniaux, rappelaient étrangement, ces bathyscaphes habités, d’où l’on pouvait admirer la faune marine. La faune cette fois ci, était indigène et bipède, dans cette contrée présaharienne.

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