Avec Grand-père, faisons ensemble une virée au Hammam ! par Docteur Douar.


images-22

Malgré cette modernité qui nous impose à équiper nos habitations de baignoires à l’instar de toutes les autres commodités domestiques ,une virée au hammam demeure pour la majorité des Algériens un moment privilégié de détente et de relaxation pendant les journées froides, notamment le jeudi soir où cette virée incontournable est devenu un rituel pour la plus part d’entre nous qui voulant faire l’ablution méticuleuse pour la prière du vendredi.A l’instar des épiceries, de la boulangerie, de l’officine, du coiffeur, le hammam est une partie intégrante de nos différents quartiers, du chic au populaire, à Sidi Bel Abbés-ville on compte un nombre très important, peut être c’est la ville la plus dotée de hammam, chaque cité en a son propre d’où sa clientèle inchangée reste fidèle Les hammams de Graba sont les plus vieux, leur construction remontait à l’époque coloniale, l’architecture, les portes, les fenêtres témoignent leur ancienneté, strictement réservés aux hommes qui autrefois les utilisaient aussi comme auberge, quand un passager inconnu voulait passer la nuit à Sidi Bel Abbés, il n’avait qu’un seul lieu, un hammam au Graba, où il trouvait toute la literie nécessaire pour dormir.Les riverains de l’époque révolue se rendaient assez souvent à cet établissement pour s’adonner à un moment de relaxation, leur servait aussi de lieu de rencontres et de retrouvailles comme exactement au souk hebdomadaire où on pouvait faire véhiculer facilement les nouvelles de toute la région.Maintenant ,plonges-toi un moment dans le passé en imaginant que tu coudoies ton grand-père dans une virée au hammam. Imaginons ensemble: A l’entrée de cet établissement,

la première personne qui se présente à la vue est un homme assis derrière une sorte de bureau, c’est le patron ou Maalam. C’est lui qui encaisse le droit du hammam et qui garde en dépôts tout les objets précieux des clients (portes monnaie, montres…) car les vols ne sont pas rares.-Tenez voila ma Zaaboula (porte-monnaie) elle contient trois Doros et cinq francs en monnaie dit grand-père en s’adressant au Maalam,et voila aussi ma montre,une montre de poche.EL Maalam pose la Zaaboula dans le tiroir du bureau et accroche la montre par sa chaine à un clou derrière lui à coté d’une grande horloge dont son balancier berce émettant un éternel tic-tac Dans la grande salle (Beyt erraha ) on voit des matelas rangés tout au long des murs servant de lits de repos ,là ,grand-père choisit une place et en quelques minutes il hôte ses vêtements ,les met sur l’étagère,et machinalement ,le Moutchou (petit garçon de bain) lui présente une Fota,qui sert de pagne lui couvrant le corps de la taille aux genoux et une paire de Kabkab qui est une sorte de semelles en bois retenues aux pieds par une bande de cuir.

-Eh ! conduit-moi jusqu’au Beyt eskhoun (l’étuve) je ne sait pas marcher sur ce bois !en appelant le Kiass .Le Kiass (Le masseur) lui accompagne pour assurer sa marche trébuchante par le port de Kabkab ,il lui fait pénétrer dans Beyt eskhoun et là il abandonne le kebkab .-Reposez-vous sur Dekana le temps de vous préparer une place dit le Kiass.Le Kiass lave méticuleusement l’endroit, remplit le baquet par un mélange convenable d’eau à une température bien supportable, étale une étoffe sur le sol fait de marbe et appelle le vieux; Venez Monsieur, étendez-vous ici pour transpirer.Le grand père s’allonge tout de son long sur un sol trop chaud.il reste un bon moment…il transpire.Puis il s’assoie et appelle : Y-a-t-il quelqu’un ici pour me frotter et me masser le dos ? J’ai mal aux reins!Le masseur arrive, il déploie toutes les finesses de son art en faisant craquer les os fragiles du vieux. ensuite il étale un morceau de Ghassoul sur sa chair livide qui se décrasse parfaitement en la frottant légèrement par un gant (el kassa) .Dépêches-toi de me laver le corps avec du savon ! je commence à être suffoqué.le kiass procède à l’opération du savonnage en utilisant Saboun erriha ou savon parfumé, il l’asperge à grande eau, lui couvre, tout mouillé, de serviettes (Bchakil) qui l’enveloppent jusqu’à la tête.-Bsahtek dit le Kiass,et que ce bain vous fasse du bien !Le grand-père quitte l’étuve à pas chancelants et s’allonge sur un matelas placé au dessous de ses effets, le Moutchou lui couvre d’une couverture de coton.-J’ai soif, préparez-moi une limonade ou une tasse de thé.Quelques minutes après, sous l’influence du thé à la menthe, il reprend peu à peu son souffle et se livre à une sieste réparatrice….Bsahtek el hammam Jeddi.

Hamman-homme-dAlger.

par Docteur Douar. NB notre ami Hadj Douar fut honoré mercredi passé lors de la cérémonie organisée dans l’hotel le versailles

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s