EMIR ABDELKADER: Le pays de l’Emir.


mascara

Mascara a le privilège de rentrer dans l’histoire comme étant « le pays de l’Emir », une filiation dont elle n’a jamais cessé de tirer une fierté – au demeurant légitime.
Abdelkader, fils de Mahieddine, fils de Mustapha, est né à la Guetna de l’oued El-Hammam, près de Mascara en 1807. Il y reçut son éducation religieuse et littéraire, avant d’être élu, le 27 novembre 1832, à l’âge de 24 ans, pour diriger la résistance à l’occupation étrangère. La cérémonie se passe sous l’arbre de la Dardara, dans la plaine de Ghriss, en présence des cheikhs des tribus et sazvanats de l’Oranie.
Il y proclame et installe l’Etat algérien, en en faisant sa capitale jusqu’en 1841. Il y organisa alors son administration et son armée, reçoit les consuls étrangers et procède à des aménagements urbains.

memoria-n11-019Après sa reddition, le 23 décembre 1847, l’Emir restera en captivité jusqu’au 16 septembre 1852. Il quittera la France peu de temps après à destination de la Turquie (où il effectue un court séjour de trois ans à Burça – Brousse), avant de rejoindre la Syrie en 1855. Il n’est pas le premier à y poser pied puisqu’il y trouve une forte communauté constituée de nombreux intellectuels, des fonctionnaires, des religieux, des anciens soldats, des agriculteurs, des artisans. Ils ont construit une grande mosquée à Bab es- Souiqa, mais point de qobba (comme ceux de Nouvelle-Calédonie) et leur imam n’est autre que l’émir Abdelkader. Ce dernier se fera rappeler à la mémoire des chrétiens du monde dominant en portant secours à leurs coreligionnaires de Damas menacés de massacres à partir du 9 juillet 1860. Des milliers de chrétiens (12 à 15 000) avaient trouvé refuge et hospitalité dans ses demeures, protégés par les soldats de l’Emir, une escorte armée d’un millier parmi les plus valides des jeunes Algériens.

On retrouvera également les Algériens du Shâm, étroitement impliqués dans les luttes de libération des peuples du Maghreb, de Syrie et de Palestine notamment. Dans ce dernier pays, les émigrés algériens de 1947 ont opté, sous la direction de Ahmed Bensalem, pour la région de Galilée en Palestine dont Akka, Saint-Jean d’Acre. Du temps du protectorat anglais, les combattants d’Azzedine El Qessem comptent de nombreux Algériens qui exécutaient par pendaison pratiquement tous ceux qui vendaient leurs terres aux colonies juives.

Les Algériens au Shâm sont une communauté structurée, porteuse de valeurs, attachée à ses racines.
Dans son pays natal, la légende de l’Emir reste inaltérable. Les batailles qu’il y a menées couvent une braise qui ne s’éteindra jamais, entretenue par des générations indomptables de résistants. Leurs descendants feront preuve d’autant de bravoure et de sacrifice tout récemment, pendant la révolution, ainsi que l’atteste le souvenir impérissable des grandes batailles d’El Manouer, El Kef Lassfar, Stamboul ou Boutrouss. « Soyez patients dans l’adversité, c’est elle qui fait connaître les hommes forts », disait l’Emir. Cette patience ne tarda pas à produire ses effets.

La bataille de Stamboul date de la première semaine de février 1958. Elle a pour héros les moudjahidines de la katiba de 115 hommes, habituellement installée dans l’Ouarsenis et dirigée par Abdelkader Zelafti. Ahmed Zabana est dans l’action la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 ; il est le premier militant de la cause nationale guillotiné à la prison de Barberousse d’Alger le 19 juin 1956.
Toute aussi héroïque la chahida Ould Kablia Zoubida, dite Saliha, étudiante en chirurgie dentaire à l’université d’Alger et militante de l’UGEMA, tombera au champ d’honneur les armes à la main. Son frère, le chahid Ould Kablia Noureddine, suivit ses traces.

Comme une prémonition, la chahida Saliha, aura par son sacrifice donné corps à une autre prédiction de l’Emir : « Le kalam (la plume) depuis qu’il a été taillé a pour esclave le sabre depuis qu’il a été effilé. » Une formule qu’on retrouvera avec bonheur inscrite dans la plate-forme de la Soummam en termes de « primauté du politique sur le militaire ».
Ainsi se trouvent inscrits dans le marbre les fondements pérennes de l’Etat de droit et de justice sociale pour lequel tant de sacrifices auront été consentis.
inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE, HISTOIRE.

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