Les femmes de la smala par Dr ElHadj Abdelhamid.


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Dans la smala, sous la tente de l’Emir, il y avait bien sûr Zohra, la mère, femme savante et pieuse qui a joué un rôle prépondérant dans la vie de son quatrième fils, AbdelKader.

L’Histoire a aussi retenu de Lalla Zohra sa grande charité envers les prisonniers.L’Emir en avait eu depuis 1833 et lorsqu’il y avait des femmes, il y eut quelques unes, c’était toujours Lalla, en compagnie de l’épouse de l’Emir, qui les prenait en charge pour rendre, solidarité féminine naturelle, leur séjour le moins rude et protéger leur honneur en ce temps de violence.

Mais il y a une femme, Juliette, la chrétienne de la smala, qui n’était pas prisonnière mais qui n’a jamais voulu quitter l’Emir même lors de sa séquestration humiliante à Fort Lamalgue.

Qui était Juliette ?

Manudji, un contrebandier corse, fournissait l’Emir en armes et poudre. Cet homme sans foi ni loi, qui avait des comptoirs à Médéa, Tenès, Tagdempt… voyageait toujours avec sa suite, deux Espagnoles » ramassées » à Cadix ( Ah, Les Belles de Cadix ), Raphaël, un enfant recueilli à Gibraltar et…Juliette et sa mère, originaires d’Arles.

Lassé de son errance et fortune réalisée, il décida de s’établir à Meliana sous la protection de la garnison française mais c’était sans compter sur les hommes de l’Emir qui l’égorgent sur le chemin du refuge et recueillent la suite du scélérat à la smala.

» Juliette avait toute l’éloquence, toute la beauté, toute la distinction des plus belles filles d’Arles « .

La Chrétienne avait juste seize ans à cette époque et portait, pour tout vêtement, une robe en coton blanc ajustée à la taille par un cordon de laine rouge. Ses jambes sont nues et ses jolis pieds sont cachés par des babouches jaunes.

Afin de la protéger, l’Emir, qui avait déjà trouvé époux pour les deux belles Espagnoles, la donna en mariage à son frère de lait Ahmed Mbarek.

Instruite de l’expérience de sa mère, rentrée en France, Juliette préféra rester internée, au Fort Lamalgue, aux côtés de son mari et de » l’Emir qui la nourrira et la fera respecter, car il l’aime comme si elle était sa fille, plutôt que d’aller ramasser…dans la débauche des carrefours, un peu d’or pour ne pas mourrir de faim . »

Sources: Documents d’AbdelKader. Marie d’AIRE

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