Le village Aït-Lqaïd dans la daïra des Ouadhias.


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Classé patrimoine national, le village Aït-Lqaïd attend sa réhabilitation source LeMatin DZ
Le village Aït-Lqaïd dans la daïra des Ouadhias, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, est classé depuis 2006 patrimoine national mais sa restauration butte sur des démarches administratives lentes.

Entretemps, ses habitants l’abandonnent accentuant sa décrépitude. Niché au pied du Djurdjura, le village offre une vue majestueuse sur cette altière montagne. Ayant grandement gardé son cachet authentique, il se distingue par une beauté saisissante qu’une nature fascinante a façonné.

Distant de 3 km de la commune d’Agouni-Gueghrane, elle-même distante de 6 km de la daïra des Ouadhias dont elle dépend (35 km de Tizi-Ouzou), Aït-Lqaïd est accessible après avoir emprunté un chemin tortueux en pente qui va en s’accentuant.

Hormis quelques constructions récentes, le village est composé en majorité de maisons anciennes au bâti typique, celui-là même qui lui a valu sa classification. Néanmoins, seules quelques familles y vivent encore. « La plupart des habitants se sont rapprochés du chef-lieu de la daïra où il y a plus de commodités et en raison de l’accessibilité, ceux qui sont restés n’ont pas eu d’autre choix car n’ayant pas de terrain ailleurs où les moyens d’en acheter », explique le président de l’APC d’Agouni Gueghrane, Beddek Amour. Avant cet exode, le village comptait environ 1500 résidents réduits aujourd’hui à une dizaine de familles qui tentent vaille que vaille de préserver leurs habitations en y apportant les réparations qu’imposent les intempéries.

Celles qui ont été abandonnées tombent en ruine l’une après l’autre et les villageois se demandent à quoi sert la classification de leur village qui, par ailleurs, renferme une page du passé révolutionnaire en raison des vestiges qu’il garde encore de cette période. C’est le cas d’une demeure qui avait servi de zaouïa pendant la révolution avant d’être transformée en caserne et qu’une habitante entretient avec amour. Une autre maison en ruine qui « aurait dû » être sauvegardée en raison de son importance, déplorent les habitants du village : il s’agit de la demeure de la famille Yahimi qui avait servi de lieu de torture durant la guerre.

Le maire du village explique qu’à la faveur du classement dont a bénéficié Aït Lqaïd, un « plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur » a été adopté en 2009, mais n’a été suivi à ce sujet d’aucune mesure concrète dans ce sens. Si ce n’est, dira-t-il, une enveloppe de 3 millions de DA qui a été dégagée en 2012 et qui a « à peine suffi » au désherbage et au nettoyage des toitures de quatre ou cinq maisons alors qu’une quinzaine a été classée comme étant « en péril ».

Les raisons d’un retard

La représentante de l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (Ogebc), maître de l’ouvrage délégué, Goumeziane Nabila, justifie le retard par les « procédures administratives » qui caractérisent ce type de projets. Et d’expliquer que le plan en question en est à sa première phase, celle du diagnostic en l’occurrence et qu’une fois achevé, il devra être soumis à l’approbation de l’APW de Tizi-Ouzou en concertation avec d’autres institutions relevant du ministère de la Culture, le maître de l’ouvrage étant la direction de la culture de Tizi-Ouzou.

« Ce n’est qu’après trois phases d’étude que la restauration du village pourra entrer en vigueur », ajoute la représentante de l’Ogebc qui tient à noter que les opérations déjà menées sur certaines bâtisses ne le sont pas au titre du plan d’urgence en question mais à titre du programme local propre à la commune d’Agouni-Gueghrane.

Interrogée sur « l’intérêt » d’une restauration du village sachant qu’il risque d’être complètement vidé de ses habitants une fois les travaux entamés, Mme Goumeziane précise qu’un « débat » est lancé précisément entre les parties concernées sur l’option « la plus judicieuse » à suivre.

« Nous sommes conscients de cette question et pour cela, nous avons tenu il y a près d’un an une réunion de concertation avec les villageois et les autorités locales pour en débattre », affirme-t-elle, précisant que l’option privilégiée serait de garder ces derniers tout en faisant du lieu un musée à ciel ouvert en même temps qu’une destination touristique.

Si la classification d’Aït-Lqaïd a fait sortir le village de son anonymat, la réputation de celui-ci tient beaucoup à la présence de Na-Tassadit, une septuagénaire qui perpétue avec une rare passion les traditions qui font l’identité de cette région.

Gardienne d’un patrimoine ancestral, elle est le symbole du village et sa mémoire vivante. Une sorte de « curiosité » que l’on sollicite parfois de l’étranger pour qu’elle fasse part de son « génie » à entretenir sa maison de la façon la plus esthétique et la plus authentique qui soit.

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