La Mouna Oranaise


La Mouna Oranaise .

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La Mouna Oranaise arrive tout droit de la Rambla du Vallespir
29 oct
mouna oranaise

La mouna oranaise et la mona algérienne. Identiques ?

La Mouna oranaise est de Perpignan.

Pour moi, bien sûr. Sinon, la Mouna Oranaise est de Santa-Cruz.

Mais avant d’être de Santa-Cruz, j’allais la chercher dans cette boulangerie en 1975, sur la Rambla du Vallespir, dans le quartier du Moulin à vent, pas très loin de chez mes grands-parents.

Pour les enfants de pieds-noirs, La Mouna Oranaise, c’est sûrement leurs parents ou leurs grands-parents, avant d’être Santa-Cruz, à Oran.

A la rigueur, peut-être Santa-Cruz à Nîmes. Mais pas plus.
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La dénomination Mouna Oranaise provient peut-être du Fort Lamoune

Selon certaines personnes, la Mouna Oranaise porte ce nom parce qu’on mangeait cette brioche sacrée près du Fort Lamoune (Lamoune est La Moune, La mona, la guenon en espagnol) à l’extrémité ouest du port d’Oran, en partant vers Mers el-Kebir.

Mais j’ajouterai le texte de Manuel Rodriguez en annexe parce qu’il remet les choses en place sur le bric-à-brac étymologique qui entoure la Mouna oranaise.

Même s’il faudrait aussi prendre en compte les étymologies hypothétiques de Henri Chemouilli, André Lanly et Pierre Mannoni.

Jean-Pierre Ferrer raconte la Mouna oranaise, le 8 octobre 2002, à la manière oranaise, sur son site.

J’imagine que ça doit correspondre à une certaine forme de réalité puisque c’est arrivé en référence dans l’article de Wikipedia.

Je mets le début et vous irez voir la fin.

« Alors, ça, c’était une institution !

D’abord, les Fêtes de Pâques arrivaient après les Rameaux. Tous les Chrétiens, y le savent. D’autres les fêtaient à l’envers. J’ai jamais su pourquoi.

Aux Rameaux, comme on était un peu païen et bien gourmand, on n’allait pas à la messe avec une branche d’olivier rien que pour se la faire bénir, mais avec un arbre, oui, carrément un arbre.

C’était presque un sapin de Noël ! Il était doré et rempli de bonbons, de poulettes en chocolats, d’oranges confites et même de quelques jouets. Et on entrait avec ça à l’église ! Et, le curé, il nous le bénissait quand même.

De toutes façons, si y voulait pas le faire, Sainte-Marcienne, elle restait vide. Ni lui, ni nous, on n’avait honte.

Mais des fois, pendant qu’il nous racontait l’entrée de Jésus à Jérusalem sur un bourricot, nous, on défaisait doucement les papiers qui enveloppaient les chocolats et on les mangeait.

Aussi, comme on ne voulait pas que ça se voit, on se dépêchait tellement d’avaler, que Marif, ma sœur, elle est arrivée à la maison la bouche toute colorée de brun et sa belle robe blanche, je te dis pas dans quel état elle était, parce que le chocolat fondait dans ses doigts, elle les suçait et ensuite, elle les essuyait sur la robe…

Enfin, ce n’était jamais point qu’un épiphénomène, car le Dimanche suivant, nous célébrions Pâques. » (la suite sur le site de Jean-Pierre Ferrer)

A Oran, la cuisine était la vraie religion ; et la religion de Santa-Cruz, un prétexte de plus pour faire la cuisine.

Lorsque j’allais manger le couscous chez mes grands-parents à Perpignan -un couscous que ma grand-mère avaient mis des heures à préparer- la table était bondée de plats et je devais me resservir trois fois si je ne voulais pas avoir les yeux mauvais de mon grand-père pour le restant de l’après-midi.

On sortait de table à 16h.

…et on y retournait à 20h, avec la panse pleine de semoule.

La Mouna Oranaise était gentille à côté. Je l’aimais bien. Légère, au goût d’orange, on pouvait en manger la quantité qu’on voulait.

J’ai du manger la Mouna Oranaise au bord de la mer, au goûter, sur les plages de Canet-en-Roussillon, dans les années 70, avec ma mère et ma soeur.

Quelque chose comme mon Santa-Cruz à moi.

Un lieu sacré : la mère, le sable, la soeur, la mer.

Et la Mouna Oranaise au goûter.

Paul Souleyre.

Oran, Nouveau mode de consommation La chair de caille fait son entrée sur la table


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Oran, Nouveau mode de consommation La chair de caille fait son entrée sur la table

La chair de caille fait, désormais, partie des plats concoctés par les Oranais, habitués à consommer “à toutes les sauces” des produits carnés et du poulet.

Oran, la consommation de plus en plus répandue de ce genre de viande, notamment durant la période estivale, est devenue possible grâce aux efforts déployés par Arezki Renifi, un jeune investisseur qui s’est installé au douar Ayaïda, relevant de la commune de Bethioua, pour se lancer en 2007 dans la coturniculture, ou l’élevage de ce petit gallinacé au plumage brun fauve et à la tête rayée.
Le président de la Chambre d’agriculture de la wilaya d’Oran, Bramchi Meftah El-Hadj, a considéré que ce projet est “unique en son genre au niveau d’Oran” et que son promoteur est “digne d’encouragement” du fait que ce projet s’inscrit dans le cadre du créneau du petit élevage et qu’il ne nécessite pas d’énormes moyens ou de coûteux investissements.
Arezki Renifi a entamé cette aventure avec 200 cailles seulement. Les résultats obtenus ont encouragé ce jeune investisseur à porter cet élevage à 2.500 oiseaux.
“Cette activité est rentable à coup sûr. Elle n’exige pas d’énormes investissements et les bénéfices sont garantis”, a-t-il expliqué à l’APS.
En dépit des moyens rudimentaires utilisés par cet investisseur, à l’exemple de la batterie d’incubation, les résultats obtenus sont plus que satisfaisants.
Une production de 6.000 têtes est assurée tous les dix jours. A la naissance, chaque caille pèse en moyenne 130 grammes. Ce poids est conforme aux normes universelles qui oscillent entre 110 et 140 grammes. La période de couvaison des œufs est de 17 jours, indique le même éleveur.
Pour développer son activité, Arezki Renifi vient d’acquérir une nouvelle batterie d’incubation d’une capacité de 80.000 œufs. “L’objectif est de répondre à une demande de plus en plus grande exprimée par les grands hôtels et restaurants de la région”, a-t-il expliqué.
En effet, une clientèle de plus en plus nombreuse est demandeuse de ce genre de viande, que ce soit au niveau de certains restaurants d’Es-senia ou de la corniche oranaise. Les gérants de ces lieux touristiques ont trouvé la bonne solution pour enrichir la carte de plats proposée aux clients.
La viande de la caille se savoure grillée. Les odeurs qui se dégagent des grands braseros ou barbecues titillent les papilles. Rares sont ceux qui résistent à la tentation. Chez certaines familles, la caille est associée à des plats traditionnelles, comme la “h’rira”.
La chair de ce gallinacé est réputée pour être savoureuse, facile à digérer et ayant un faible taux de cholestérol. Ce qui explique son succès actuellement chez les Oranais en dépit de son prix élevé. Des marchands de volailles proposent la caille à 300 dinars l’unité.
LE MIDI LIBRE 26 Juillet 2012

Les Ombrines.(Poisson).


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Les ombrines

Les ombrines (Umbrina) forment un genre de poissons osseux, de l’ordre des perciformes, qui vit dans la mer Méditerranée et dans l’océan Atlantique et qui est représenté par différentes espèces. Les ombrines sont comestibles et leur chair est appréciée.

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Méchoui à l’Algérienne.


Préparation (60min): ,Cuisson (300min): ,Ingrédients (pour 20 personnes):
Le choix de l’agneau: 1 agneau de moins d’un an
qui n’a pas changé les dents”(entre 20 et 22 kgs net), 500 grs de beurre, 5 têtes d’ail, 10 à 12 feuilles de laurier, 1 gros bouquet de thym, 400 à 500 grs de sel, 50 à 60 grs de poivre moulu, 100 à 150 grs de cumin moulu.
Il sera donc ouvert du cou à la queue, et il faudra prévoir assez de fil d’attache pour coudre toute la partie ouverte.
Matériel:
1 tourne broche (en principe de fabrication ARTISANALE une branche de sapin fine : matreg )
Le nombre de tours idéal pour la cuisson d’un méchoui est de:
3 tours minutes), bois de chauffage (1 à 1,5 m3 environ, prévoir large), pelles (pour le transport des braises), et des bras vaillants pour s’occuper du feu.

Préparation de l’agneau:

Epluchez les têtes d’ail.
Dans un bol mélanger le sel, le poivre et le cumin dans les proportions de: 150grs de sel, 50 grs de poivre et 150 grs de cumin (environ et suivant la taille de l’agneau).
Frottez l’intérieur de l’agneau avec le mélange, couper 250 grs de beurre en morceaux avec lesquels vous frotterez et éparpillerez à l’intérieur, ajoutez l’ail en gousses, les feuilles de laurier et le thym le tout bien réparti.
Embrochez l’agneau de l’anus au cou sur votre broche en écartant si vous en avez la possibilité les épaules et les cuissots ou attachez les le long de la broche pour éviter le ballant.
Les pates du méchoui attachées le long de la broche
Les pates de l’agneau écartées de la broche
Liez les reins de l’agneau à la broche à l’aide d’un fil de fer pour empêcher une cassure lors de la cuisson.
Coudre à l’aide du fil d’attache toute la partie ouverte le mieux possible afin d’éviter les pertes du jus qui va se former à l’intérieur.
Préparation de la braise et du foyer de cuisson:
Préparez un foyer à quelques mètres de l’endroit où vous devez faire cuire votre méchoui.
On ne se servira que de la braise pour la cuisson. Plantez en terre vos supports de broche de façon à ce que l’agneau soit entre 30 et 40 centimètres du sol.
Posez votre broche sur les supports et commencer la cuisson.
disposition de la braise sous le méchoui
Recette et temps de cuisson:
Etalez la braise sur un coté de l’agneau à environ 30 centimètres sur le devant, avec plus de braises coté épaules et cuissots que face au ventre.
Vous rajouterez la braise tout au long de la cuisson à la demande sans jamais saisir la viande.
La position des braises sous le méchoui
Dans une casserole remplie d’eau diluez 2 poignées de sel et disposez la casserole prés de la braise pour tiédir le mélange qui vous servira à badigeonner votre agneau en cour de cuisson à l’aide d’un bout de tissu attaché au bout d’un manche.
Commencez à badigeonner votre agneau dés que celui-ci se met à transpirer.
Vous badigeonnerez votre agneau tout au long de la cuisson et à la demande avec l’eau salée sauf à la fin où vous le badigeonnerez avec du beurre fondu pour le faire bronzer.
Le temps de cuisson peut varier de 4 à 5 heures, voir plus. Le plus long et le plus difficile à cuire seront les gigots et les épaules.
Pour estimer le stade de la cuisson, piquez les gigots à l’aide d’un couteau et lorsque votre agneau est cuit, rapprochez la braise de celui-ci et badigeonnez avec le beurre fondu de manière à saisir la peau et la faire dorée (elle sera excellente).
Votre cuisson est terminée et si vous devez tenir votre méchoui au chaud, reculez la braise et laissez le tourner le temps nécessaire avant de le présenter et le découper.

Suggestions:
Le méchoui se mange chaud et de préférence avec les doigts. Vous pouvez servir en apéritif des melfoufes que vous cuirez directement sur la braise.

Mila, Fête du couscous : Préserver et valoriser le patrimoine culinaire algérien.


Mila, Fête du couscous : Préserver et valoriser le patrimoine culinaire

La Fête du couscous a pour objectif de transmettre un savoir-faire ancestral faisant cruellement défaut et le peu d’intérêt aux jeunes générations pour ces plats traditionnels, sont une menace pour leur survie

Qu’on l’appelle seksou, couscous, naâma, taâm ou berboucha, il s’agit du même plat, fabriqué selon les mêmes procédés depuis des millénaires, même s’il est servi ou accommodé de mille façons. Les habitants de l’Afrique du Nord connaissent le couscous depuis la nuit des temps, une période que les spécialistes situent entre 238 et 149 ans avant J.C. Le couscous constitue l’alimentation de base des maghrebins et leur plat national, intimement rattaché à leur mode de vie et leurs traditions nées autour de leur activité principale, à savoir la culture des céréales en général et du blé dur en particulier, le couscous constitue un repas complet car il allie la semoule cuite à la vapeur, aux légumes secs tels que le pois chiche (hommos), les fèves et les légumes frais, ainsi que les viandes. « Nos ancêtres ont su ainsi accommoder les aliments dont ils disposent dans un seul plat à haute qualité nutritive et présentant également les qualités du goût et la bonne digestion »
Les citoyens, qui étaient nombreux à l’ouverture de cette septième édition de la fête du couscous, adhèrent totalement à la tenue de cette manifestation dans leur ville, compte tenu de la place qu’occupe le couscous dans leur vie, un plat présent au quotidien et plus particulièrement lors des fêtes, des décès et des rencontres familiales. le couscous réunit toute la famille au moins une fois par semaine et cela demeure l’une des traditions qui réunit la plupart des Algériens de toutes les régions.
Selon Mme Medjdoub, le couscous aux herbes des champs, préparé en hivers, aide la femme qui vient d’accoucher à retrouver rapidement ses forces, outre qu’il garde une saveur incomparable. Une autre concurrente de Jijel a présenté diverses recettes de couscous au mérou, à la sardine et autres variétés de produits de la mer. Mme Tahtal de Annaba, pour sa part, représente la wilaya hôte de Mila intimement liée au couscous m’haouar servi avec une sauce blanche. Le couscous m’haouar, aux graines fines d’un blanc éclatant, est spécialement préparé pour les fêtes ou les grandes réceptions. Il est roulé sans utilisation de semouline, réservée pour le couscous destiné à la réserve pour la consommation annuelle « el aoula », précise-t-on.

Constantine – Aïd : Mahkouk, trida et m’haouar au menu.


Constantine – Aïd : Mahkouk, trida et m’haouar au menu

Rituel – A l’approche des fêtes de l’Aïd el-Adha, les femmes au foyer constantinoises renouent avec «les chantiers ménagers traditionnels» et se mettent vaillamment à préparer les réserves annuelles de pâtes du cru.

«Chekhchoukha», «trida”, «rechta», «mahkouk» et, bien-sûr, le couscous, le plus universel des plats typiques de la capitale de Massinissa, occupent à plein temps les cordons bleus de Constantine et de sa région, surtout lorsqu’une fête est annoncée à l’horizon.
Il est vrai que le couscous unit l’ensemble des pays du Maghreb depuis l’époque des royaumes numides, mais c’est à Mila, région céréalière du nord de Constantine, qui célèbre depuis plusieurs années «la fête du couscous», que l’on déguste le «m’haouar», un couscous des plus raffinés, roulé dans une semoule de blé dur, épurée de toute trace de son, ce qui lui donne un aspect immaculé qui ajoute à sa splendeur quand il est servi dans les grandes occasions.
Nombre de femmes salariées ont été contraintes d’abandonner la fabrication du couscous maison pour s’approvisionner auprès de femmes au foyer qui trouvent ainsi l’opportunité d’avoir une occupation artisanale strictement domestique, une activité professionnelle grâce à laquelle les marchés, à l’approche des fêtes notamment, foisonnent de produits faits maison.
L’Aïd el-Adha constitue précisément, pour ces travailleuses à domicile, l’occasion d’honorer une «commande» importante, en particulier en pâtes traditionnelles, couscous, chekhchoukha et autres, indiqués pour accommoder la viande de l’Aïd, pour réunir la famille et pour offrir un repas au plus grand nombre, comme cela se faisait jadis. Le mode de vie d’autrefois rendait nécessaire, dans chaque foyer, la préparation de la «aoula», qui consistait à fabriquer et à conserver la consommation d’une année et plus en produits essentiels, non seulement les pâtes, mais également les autres condiments nécessaires pour les différentes recettes de la cuisine ancienne.
Les réserves de la cuisine d’antan étaient, bien entendu, adaptées aux méthodes et aux procédés de conservation qui étaient en cours avant l’avènement du réfrigérateur. Mme Saliha M., femme au foyer et mère de cinq enfants, affirme qu’elle s’est spécialisée dans la fabrication de la «chekhchoukha» maison, qu’elle vend à des femmes qui travaillent. «Cela me permet d’aider mon mari à subvenir aux besoins de la petite famille», dit-elle comme pour s’excuser.
Un coin de la maison est réservé au rangement de la production de pâtes destinées à ses clientes et elle se rend bien compte que le travail à domicile n’est pas chose facile, bien que la rémunération soit en rapport avec l’effort. Cette femme, travailleuse à domicile, fournit surtout en pâtes traditionnelles à l’approche de l’Aïd, les familles qui préparent le mariage d’un garçon et qui doivent, selon la tradition, offrir à la fiancée, la part qui lui revient de l’Aïd, en l’occurrence un repas de la fête, servi dans la maison paternelle de la promise selon un rituel rigoureusement respecté.
R. L. / APS
Les clientes des femmes travailleuses à domicile qui pratiquent un véritable artisanat chez elles, sont des proches et des amies qui payent de bon cœur un produit sûr, garanti sur le plan de la qualité, et très recherché pour les fêtes de mariages, de l’Aïd, le ramadan et autres occasions familiales. Ces femmes au foyer ont ainsi leur destin en main, tout en prenant une revanche sur leur condition de «chômeuses», faute de formation ou d’instruction suffisante.
Elles ont, en effet, une activité rentable et reconnue socialement en approvisionnant même des commerçants qui revendent des pâtes garanties «maison», comme la «chekhchoukha» qui s’affiche sur les étals à 140 DA le kg. Ces commerçants fournissent aux travailleuses à domicile la matière première. Ce sont des réseaux d’activité qui sortent de plus en plus de l’anonymat et contribuent à protéger un savoir-faire et perpétuer des traditions menacées par le fast-food.


INFOSOIR.

La Sardine.


La Sardine

Méditer. : Sardine. Scientifique : Sardina Pilchardus Sardina
J’en parle pour l’anecdote car il n’y a pas de risques d’en rencontrer la moindre trace à la chasse sous-marine. En Algérie, les humoristes l’appelaient le rouget du pauvre, et dans un pays où le rouget valait bien peu (quelque trois anciens francs le kilo, il fallait être effectivement bien pauvre pour n’en point manger.
La sardine servait d’abord à nous régaler, parce que nous l’aimions beaucoup et de toutes les manières :
• Frite, après avoir été enfarinée ;
• Grillée, notamment en pleine nature non pas au charbon de bois, mais plus subtilement sous un feu nourri de sarments de vignes, séchés ;
• Ou bien encore, à l’escabèche, vous savez bien cette sauce au vinaigre et à la tomate parsemée de câpres, je m’en lèche encore les babines.
Nous l’utilisions beaucoup comme amorce, pour aller à la pêche à la palangrotte, et nous en avions des pleins paniers, il fallait la découper avec les dents et même crue, il nous arrivait d’en goûter toutes les saveurs et odeurs. Il faut dire qu’elle était fraîche à faire peur contrairement à celles des étals de nos chers supermarchés d’aujourd’hui.
Je dis donc bien que nous les mangions de toutes les manières. La preuve.
La maternelle, qui nous les préparait, affirme avec force et nous avons la faiblesse de partager son avis, que la sardine, la nôtre, celle d’Algérie, était bien plus gouteuse, et d’une taille bien plus réduite que celle de France. C’était assurément une autre espèce moins atteinte de gigantisme que celle d’ici. C’est aussi une grande part de nostalgie qui me fait écrire cela. On enjolive, on enjolive, mais est-ce si sûr ?
Quand nous arrivions à la place du gouvernement pédibus corpus, il nous fallait la traverser en diagonale pour aller prendre le trolleybus de la ligne 4, celui des Deux-Moulins, qui partait au tout début de l’avenue du 8 novembre, de l’autre côté d’ailleurs, du côté quartier de la Marine. Et nous longions des baraques en bois, tenus par nos amis les Arabes qui les vendaient frites ou grillées. Nous passions alors dans un délicieux nuage odorant dont nous gardons un souvenir attendri.
Gérard Stagliano
Le poisson que nous nommons Sardine est de la famille des Harengs, et par conséquent de celle des Aloses : tous ces poissons sont ronds, à écailles et à arêtes ; tous ont un seul aileron mou sur le dos, vers la moitié de leur longueur ; sous le ventre, derrière l’anus, un aileron qui s’étend presque jusqu’à la naissance de celui de la queue ; deux nageoires derrière les ouies, deux sous le ventre …
…/…
Les Sardines sont, ainsi que les harengs, des poissons de passage qui paraissent sur nos côtes par bancs ou bouillons, dans les saisons marquées ; elles n’entrent point comme les Aloses, dans les rivières qui se déchargent à la mer, aux endroits mêmes où l’on prend beaucoup de sardines ; néanmoins il y a une espèce dont je parlerais dans la suite, qui reste dans les lacs d’eau douce sans jamais communiquer avec la mer.
Nous avons dit que le vrai Hareng était un poisson de l’Océan qui ne se trouvait point dans la Méditerranée ; les sardines, au contraire, sont si abondantes dans cette mer, qu’il y en a qui ont cru qu’elles lui étaient propres à l’exclusion de l’Océan : on verra dans la suite qu’elles fréquentent les deux mers, et qu’on en fait dans l’Océan des pêches presque aussi abondantes que dans la Méditerranée.
Quoique les Sardines soient des poissons de saison, qui, généralement parlant, précèdent les Harengs, elles paraissent plutôt à certaines côtes qu’à d’autres ; et elles se plaisent particulièrement sur certains fonds où elles se rassemblent en grand nombre, et y séjournent plus longtemps qu’ailleurs ; tout cela pris généralement : car les bancs de Sardines, comme ceux des Harengs, se portent quelquefois très abondamment d’un côté et ensuite d’un autre, et quelques années plutôt, d’autres plus tard ; nous citerons des endroits où l’on en prend quelques-unes toute l’année.
Henry-louis Duhamel du Monceau

La Sardine.

Ce texte n’a pas été écrit pour le site mais, en le lisant, les larmes se sont mis à couler tellement les souvenirs « I » sont remontés à la surface.
Mais quand on sait que Samir Toumi est né à la Pointe Pescade … Alors …
Vendredi 7 avril 2006 –
Sardine, quand tu nous tiens
Avez-vous déjà été atteints d’une montée de sardine grillée ? A Alger, c’est une addiction bien connue, vous vous baladez, il est l’heure de déjeuner, et là, l’un de vos amis n’a qu’une seule obsession : manger de la sardine grillée, ou à la limite une petite friture de sardine….Il y pense généralement le matin, dès le réveil, et cette addiction est souvent en phase avec le temps printanier et le soleil éclatant de blancheur qui inonde Alger….. Vous aussi, vous vous mettez à saliver et là, la grande quête commence…. Alger centre, quartier du Sacré Cœur, en haut de la rue Didouche Mourad, à quelques mètres du Parc de Galland, Mustapha et sa petite gargotte, toujours bondée. Des cadres du Ministère, des peintres et des maçons, une vieille dame élégante, on se case comme on peut, chez Mustapha, alignés sur les tables et avant même de passer le pas de la porte, on demande, un peu inquiet :  » Mustapha, keyenne esserdine lyoum ? « , Mustapha débite sa sentence, il nous invite à nous asseoir et désigne deux places…. Immédiatement la bouteille de Sélecto ou de Hamoud étiquette blanche atterrit sur la table, et quelques minutes plus tard, la petite assiette, avec les sardines tant convoitées, accompagnées de deux quartiers de citron, mmmmmmm…. Plonger les doigts dans la sardine bien chaude, frite comme il se doit, la casser en deux, quelques gouttes de citron, la mordiller, doucement lentement, puis se jeter sur la deuxième, un peu enragé, puis la troisième, puis la quatrième, plus rien n’existe autour de vous, juste les sardines qui, lascives, sur la petite assiette fleuries, attendent que vous les portiez à votre bouche, destination ultime, afin qu’elle se noient une dernière fois dans un océan de Hamoud…Soulagement, les yeux brillent de contentement, l’addiction disparaît, un bon café noir, et comme dit la chanson  » Et c’est parti pour le show…. « , non sans avoir lancé un regard éperdu de reconnaissance à Mustapha que vous bénissez d’exister……
Parfois, Mustapha vous regarde de son air désolé, en secouant la tête, toutes les sardines ont été avalées, il n’y en a plus une seule, mais vous, le dos légèrement voûté par la mauvaise nouvelle, vous ne vous laissez pas abattre, car l’espoir est là, quelques mètres plus bas, sur l’autre trottoir, en face de la pompe à essence du Sacré cœur, à la taverne….. Facile à retrouver la taverne, car le nom est gravé en mosaïque, sur le trottoir en face de la porte d’entrée…. Ah la taverne, sa lumière particulière générée par les lourds rideaux qui filtrent la lumière, son bar, au fond, ses affiches d’Alger au lendemain des années 60, ses petites chaises bistrot en bois, oui, il y a des sardines, grillées cette fois –ci, accompagnée d’un verre de vin et d’une salade de tomates…. Elles arrivent, elles sont là, plus épaisses, moins fines, moins tortueuses, elles sont là, dodues, grillées, étalées sur la petite assiette blanche, elles se défont entre vos doigts et en attaquant de concert la chair de ces belles dodues, on se regarde, le verdict tombe  » mmmmmm, elles sont bonnes…. « , soulagés, les doigts farfouillent dans la chair duveteuse, la chair fond dans la bouche avant même de commencer à mâcher, l’odeur des ports et de la mer envahit vos sens, je suis sur le sardiner, il est 5 heures du matin, on approche de la côte, la vente à la criée va débuter, les sardines sont là luisantes, certaines sont encore frétillantes, inquiète de leur nouvelle vie dans les petites assiettes des bars et des gargotes algériennes, certaines finiront en beignets dans la poêle exigeante d’une mamma, d’autres vivront leur dernier ballet aquatique dans la sauce rouge piquante d’une chtitha, aquarium en fer blanc d’une grosse marmite dont le contenu sera dévoré par la masse laborieuse des ouvriers et des maçons…..
Sardines, je vous aime……
Samir TOUMI

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