JE ME PROMENE DANS MES SOUVENIRS.


JE ME PROMENE DANS MES SOUVENIRS…

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De cette phrase cueillie sur les lèvres d’un visiteur au cours d’une de ses expositions, Josette ARNAU-PATERNA fera désormais le thème principal de son oeuvre.

Scène presque rituelle de la tisseuse de tapis, entremêlant ses laines, avec dans le regard l’insondable de la femme orientale, du marchand de dattes, du verseur de thé, du pèlerin au marabout… les couleurs du grand Sud.

Pour la petite histoire : elle est née à ORAN, mais a passé une grande partie de son enfance à SAIDA. Sous ce climat torride et lumineux, elle va pouvoir mémoriser à jamais, senteurs, couleurs, ambiance unique d’une culture envoûtante qui va se mêler à la culture « Européenne  » de ses compatriotes……….
Josette ARNAU-PATERNA

Ceux qui ont peints Biskra.


La partie de cartes au harem par alfred chataud 1833

Les peintres.

• ANTHONISSEN L.-J.
• BLANCPAIN Jules
• BOIVIN Emile
• BOMPARD Maurice
• BOUCHOR Joseph Felix
• BOULANGER Gustave
• BREWSTER A.R.
• BRIDGMANN F.A.
• CABANES Louis
• CAIRE Marie
• CULLEN Maurice
• d’ESTIENNE Henry
• DELAHOGUE Alexis
• DINET Etienne
• FRIANT Emile
• FROMENTIN Eugène
• GIRARDET Eugène
• GUILLAUMET Gustave
• HUGUET Victor
• LANDELLE Charles
• LAZERGES Jean-Baptiste
• LEROY Paul
• LUCAS-ROBIQUET M.A.
• MANAGO Vincent
• MARCHE Gaston-Ernest
• MARQUETTE Emile
• MATISSE Henri
• MINET Louis-Émile
• NAIGEON Félix Jules
• NESBITT Frances E.
• NOIRE Maxime
• PINAL Gustave
• RIGOLOT Albert-Gabriel
• ROUBTZOFF Alexandre
• STYKA Adam
• THERIAT Charles James
• THIRION Eugène
• VERSCHAFFELT Edouard

Ils ont parler de BiskraLARGEAU, Victor (1842-1896) « LE SAHARA ALGÉRIEN », 1870.


LARGEAU, Victor (1842-1896)
« LE SAHARA ALGÉRIEN », 1870
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« En descendant du col de Sfa par la route qui serpente au milieu des galets détachés par les ouragans des flancs escarpés du Djebel Bou-Rhezal, l’œil étonné du voyageur embrasse, au sud, une plaine immense, image fidèle de l’Océan: il serait difficile de dire exactement quelles sont ses limites.
Comme l’Océan, elle est parsemée d’îles arrosées et fertiles tantôt isolées, tantôt groupées en archipels.
Comme l’Océan, elle a ses calmes énervants, et parfois ses flots de sable sont agités par des tempêtes horribles.
Cette plaine, c’est le SAHARA, dont le nom signifie plaine vaste, fauve et nue, et les îles sont … les oasis. De ces archipels, celui des Ziban se présente le premier
à la vue du voyageur qui descend dans le Sahara par le col de Sfa, et l’oasis la plus rapprochée de la côte … est l’oasis de Biskra. »

Ils ont parler de Biskra.DEBUSSY Claude


DEBUSSY Claude .

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Pierre Louÿs à Debussy [Genève], Vendredi 13 [juillet 1894]
« Hé bien ! mon vieux, je n’y ai pas été, à ton Bayreuth de malheur ! Je pars pour Biskra. (Je crois que je te l’ai déjà dit) Veux-tu m’y rejoindre ? Voyage : 430 fr aller et retour en première . 218 fr en seconde et 170 en troisième (toujours aller et retour). Si tu peux grâce à Hartmann, payer le voyage, je t’entretiens à l’oeil pendant deux mois ; tu ne te doutes pas de ce que ça va être épatant. Gide revient de là-bas comme un fou. Je t’attends » : Pierre Louÿs.

Debussy à Pierre Louÿs [20 juillet 1894]
« Cher Ami :
Je ne me doutais pas jusqu’ici que le  » renversement  » de Bayreuth était Biskra, mais Dieu seul sait combien j’aime mieux cet accord-là ! au fond, Bayreuth, est un mauvais enseignement et, c’est un univers un peu borné par l’accord de septième ; combien mieux Biskra, doit nous apprendre des combinaisons nouvelles ! »

Gaston Casimir Saint-Pierre (1833-1916), Halima Musée d’Art et d’Histoire, Narbonne.


HALIMA.

Gaston Casimir Saint-Pierre (1833-1916), Halima
Gaston Casimir Saint-Pierre (1833-1916), Halima
Musée d’Art et d’Histoire, Narbonne
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Elle était si bien peinte que ses joues rondes et lisses avaient l’éclat des poupées de cire. Ses yeux ombrés étaient plus grands que nature. Entre ses longs cils noirs, on voyait ses prunelles remuer sur de l’émail blanc, et elle souriait à demi, le regard baissé vers les hommes ivres.
Ses cheveux étaient pris dans un petit turban en gaze d’or, et sur son front retombait une couronne de sequin d’argent séparés par des perles de corail. Une quantité d’anneaux lourds et magnifiques étaient passés à ses oreilles, et plusieurs rangs de fleurs d’oranger, enfilées avec d’autres fleurs rouges, pendaient de sa coiffure sur les plaques de métal qui ornaient son cou.
Pierre Loti, extrait de Les trois dames de la Kasbah

Ils ont parler de Biskra.GIDE, André (1869-1951) Arrivée sur EL-Kantara :


GIDE, André (1869-1951)
Arrivée sur EL-Kantara :

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« Le soir arrivait lentement ; nous avons traversé la gorge et le fabuleux orient nous est tranquillement apparu dans sa pacifique dorure. Nous sommes descendus sous les palmiers, laissant Athman attendre sur la route la voiture qui devait nous rejoindre. Je reconnaissais tous les bruits, de l’eau courante et des oiseaux. Tout était comme avant, tranquille, et notre arrivée ne changeait rien. En voiture, nous avons longé l’oasis, assez loin. Au retour, se soleil se couchait ; nous nous sommes arrêtés devant la porte d’un café maure, l’heure du Rhamadan passée. Dans la cour, près de nous, des chameaux en rut se battaient. Un gardien criait après eux. Les troupeaux de chèvres rentraient ; leurs pieds précipités faisaient encore, comme l’an passé, le bruit d’une averse stérile.
De toutes les maisons de terre grise, une ténue vapeur est montée, une fumée bleue qui bientôt enveloppa, éloigna toute l’oasis. Le ciel, à l’occident, était d’un bleu très pur, si profond qu’il semblait encore saturé de lumière. Le silence devenait admirable. On n’y pouvait imaginer aucun chant. J’ai senti que j’aimais ce pays plus qu’aucun autre peut-être ; mieux que partout ailleurs on y peut contempler. »

« Dès l’entrée, un détour vous perd ; on ne sait plus ni d’où on vient, ni où l’on va. L’eau fidèle de la rivière suit le sentier, longe un des murs ; les murs sont faits avec la terre même de la route, celle de l’oasis entière, une argile rosâtre ou gris tendre, que l’eau rend un peu plus foncée, que le soleil ardent craquelle et qui durcit à la chaleur, mais qui mollit dès la première averse et forme alors un sol plastique où les pieds nus restent inscrits ………….. C’était un lieu plein d’ombre et de lumière tranquille et qui semblait comme à l’abri du temps : plein de silences et de frémissements, bruit léger de l’eau qui s’écoule, abreuve les palmiers, et d’arbre en arbre fuit, appel discret des tourterelles, chant de flûte dont un enfant jouait. »
dans « L’immoraliste »

« Si Biskra continue d’être ce qu’il est, à savoir l’endroit du monde où je souhaite le plus de vivre, j’y fais construire et reviens y vivre chaque hiver. Je rêvais d’aménager le rez-de-chaussée de ma maison en café maure que je faisais gérer par Athman ; j’y invitais déjà tous mes amis … »

« …je me souviens d’une pluie d’été ; – mais était-ce encore de la pluie ? – ces gouttes tièdes qui tombèrent, si larges et si pesantes, sur ce jardin de palmes et de jour vert et rose, si lourdes que des feuilles et des fleurs et des branches roulèrent comme un don amoureux de guirlandes défaites à foison sur les eaux. Les ruisseaux entraînaient les pollens pour des fécondations lointaines, leurs eaux étaient troubles et jaunes… » – Les nourritures terrestres

Ils ont parler de BiskraBERTRAND Louis .


BERTRAND Louis
Parlant du jardin Landon .

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« Mes émerveillements redoublent lorsque je m’enfonce dans la demi obscurité des ombrages. Pour quelqu’un qui, cinq minutes auparavant, n’avait sous les yeux que des espaces arides et poussiéreux, c’est la magnificence et le foisonnement d’une forêt vierge. On avance par d’étroites allées, dont le sol est uni comme celui d’un corridor et moelleux aux pieds comme un tapis.
Tout le long des allées, on entend un murmure d’eau courante, de petits canaux brillent sous les herbes, entretenant une fraîcheur discrète. Des nuées de rossignols chantent dans les massifs de bambous. Tout un concert de sensations musicales et voluptueuses vous pénètre.
……L’ombre glauque s’épaissit. La profusion des verdures baignées de lumière, mouchetées de couleurs innombrables est un éblouissement. »

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