Histoire de la ville d’Oran.


Histoire de la ville d’Oran

oran

Il semblerait que le nom « Wahran » (Oran en Arabe) vient du mot arabe « wahr » (lion ») et de son duel (deux) Wahran (deux lions).La légende dit qu’a l’époque (vers l’an 900), il y avait encore des lions dans la région. Les deux derniers lions chassés se trouvaient sur la montagne près d’Oran et qui d’ailleurs s’appelle « la montagne des lions ». Il existe, devant la mairie d’Oran, deux grandes statuts symbolisant les deux lions en question.

Domination Arabe

Après sa création en 902 par les marins andalous, Oran devient un perpétuel objet de conflit entre Omeyyades d’Espagne et Fatimides de Kairouan. Elle est plusieurs fois détruite pour renaître chaque fois de ses cendres, fatimide ou omeyyade, sur fond d’alliances complexes changeant sans cesse avec les tribus berbères locales: Azadjas, Maghraouas, Ifrides ou Sanhadjas….

La période la plus trouble dure jusqu’en 1016 lorsque la ville devient Omeyyade. En 1081, c’est l’avènement de l’empire almoravide dont le règne finit en 1145 à Oran même où se produit la dernière confrontation avec les Almohades et où meurt le dernier prince almoravide, Tachfine, sur la route de Mers El Kébir en essayant de gagner le port où il devait embarquer pour l’Andalousie.

Avec le début du 13ème siècle c’est la constitution des royaumes de l’est et de Tlemcen sur le corps de l’empire Almohades tandis qu’au Maroc, les Mérinides commencent à prendre du terrain sur l’autorité de l’empire. Le royaume zyanide de Tlemcen, dont font partie Oran et sa province, est alors pris en étau entre les Hafcides de l’est et les Mérinides de l’ouest.

Durant toute cette période violente, Oran constitue chaque fois le motif essentiel des conflits, en tant que principal port du royaume de Tlemcen et l’un des carrefours primordiaux des relations commerciales du bassin méditerranéen On sait que les Mérinides vont, à un certain moment, jusqu’à proposer la paix avec Tlemcen à condition de continuer de garder Oran. Durant toute cette période aussi, la ville d’Oran sera tour à tour et plusieurs fois de suite, zeyanide, Mérinide, hafcide. Le premier siège Mérinide d’Oran a lieu en 1296, et la dernière tentative des rois de l’ouest de rependre Oran a lieu en 1368 sous le roi zeyanide Abou Hammou Moussa II.

Suit alors une longue période Tragique marquée par les luttes intestines au sein du royaume de Tlemcen pour la succession au tronc jusqu’en 1425 lorsque le sultan hafcide Abou Farés, qui reprend tout le Maghreb central, désigne Abou El Abbés, dernier fils de Abou Hammou ll, à la succession. Mais la brouille zeyanide ne s’arrête pas pour autant le gouvernement de la ville d’Oran fait aussi l’objet de convoitise au sein de la famille zeyanide.

De ce fait la ville constitue chaque fois un foyer de résistance à la cour de Tlemcen, comme une sorte de principauté indépendante se gouvernant seule et librement. C’est sans doute à la faveur de ces dissensions et ces déchirement continus. qui affaiblissent le royaume. que se fait la prise d’Oran par les Espagnols en 1509.
Domination espagnol

Cela commence par un massacre et se termine par un tremblement de terre.

Entre les deux événements prés de trois siècles se sont écoulés. 1509, après l’occupation de Mers-el-Kebir quatre années auparavant, les troupes espagnoles, levés par le cardinal Francisco Jiménes de Cisneros, s’attaquent à Oran, s’assurent d’elle entièrement après avoir passé une bonne partie de sa population au fil de l’épée et transforment aussitôt les plus belles mosquées de la ville en églises.

Il y’a du ressentiment à la base de cette entreprise, mais aussi une ambition stratégique: faire de l’Oranie un réservoir alimentaire pour l’Espagne et contrôler durablement la partie occidentale des cotes algériennes.

Deux objectifs, deux échecs. Ce rêve orgueilleux ne pourra jamais prendre quelque consistance. Et la longue occupation espagnole, n’assurera jamais une domination réelle au delà des forteresses continuellement attaqués. Quand a la prétention de faire de cette région un grenier à blé pour la péninsule, elle apparut bien vite pour ce qu’elles était, une illusion, car derrière les forteresse les troupes espagnoles ont plus comté sur quelque chargement salvateur, venant de Malaga ou de Carthagène que sur ce qu’elles pouvaient arracher aux terres et au tribus de la région qu’elles surveillaient, peu ou prou, de leurs remparts.

C’est ainsi que le compte d’Alcandete fait dire a l’un de ses messagers parti en 1535 pour la cour  » j’ai eu plus de peine à défendre ces deux places contre la faim que contre l’ennemi ».

En prés de trois siècle, la place d’Oran eut à subir dix grand sièges qui durèrent de quelque semaines a quelques mois, mais en vérité, chaque année ou presque connaissait ses deux ou trois petites attaques de harcèlement. L’image du  » pieux et vaillant guerrier espagnol  » était réduite au syndrome de l’assiégé s’inquiétant de l’épuisement des vivres et des munitions et toujours guettant l’arrivée de secours incertains par mer.

La première libération d’Oran s’est faite en 1705 par le Bey Bouchelagham qui en fit le siége du beylick. Mais cette libération est de courte durée puisque les Espagnols reprennent la ville en 1732 avec une flotte plus importante que la première. Néanmoins, cette seconde implantation espagnole s’avèrent plus difficile que la précédente. Elle prend fin en 1792, un 8 octobre. Ce jour-là, la ville espagnole est assiégée par Mohamed ben Othman, dit Mohamed El Kebir.

Au cour de la première nuit du siége, un tremblement de terre détruit Oran, et Mohamed El Kebir, qui aurait pu prendre la ville sans coup férir, préfère laisser les Espagnols enterrer leur morts et soigner leurs blessés. Des négociations vont s’ouvrir qui durent toute une année pendant laquelle les Espagnols cherchent à se maintenir par des renforts.

Mais le 12 septembre, le Bey propose un traité au roi Charles IV , que celui-ci se trouve alors obligé de signer. Début 1792 enfin, les Espagnols quittent définitivement Oran. L’incapacité des Espagnols à pénétrer à l’intérieur des terres et a s’y maintenir a toujours été une constante de leur présence en Oranie. Ainsi, leur occupation de la cote oranaise, déjà onéreuse, s’est finalement révélée vaine. La preuve en est que, mis a part des murailles encore debout ou effondrées, il n’en reste pas grand chose dan la mémoire de la ville, sauf quelques survivances dans le langage des Oranais et, parmi elles, cette expression tellement significative des misères endurées par les espagnols cantonnés dans Oran.

A ce jour, en effet, pour marquer la distance et l’éloignement, on dit de quelqu’un qu’il habite Cartajena. Carthagène, le port Espagnol d’ou les vivres, les munitions et les secours ne vinrent jamais à temps quand ils vinrent…

Les successeurs de Mohamed El Kebir au Beylick de l’ouest, dont Oran est le siége, sont Othman, Hocine El Manzali, Mohamed Mékalléche, tous trois fils de Mohamed El Kebir, puis hocine El Manzali encore une fois, ensuite Mohamed Errikid, frère de Mohamed El Kebir, qui sera connu sous la nom de Boukabous, ensuite Ali Kara Bargli, gendre de Mohamed El Kebir,enfin Hassan, ancien cuisinier de Othman. Hassan gouverne le beylick jusqu’en 1830 quand, après la prise d’Alger par l’armée française, une escadre commandée par le capitaine de Bourmand, rentre à Mers-El Kebir.

Après quelque jours de négociations. Hassan remet sa lettre de soumission. Mais la prise réelle de la ville se fait en janvier 1831 par le général Danrémont qui trouve sur place que 2750 habitants, dont 2500 juifs. Le 7 janvier de cette année, le Bey Hassan est autorisé à partir à la Mecque avec sa famille et ses bien.
Domination Française

Corniche oranaise

En 1831, la ville comme le reste du pays devint colonie française. La ville a été préfecture du département d’Oran qui occcupait tout l’ouest. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le 3 Juillet 1940 la flotte française du gouvernement de Vichy basée à Mers el Kébir, fut bombardée par la flotte anglaise venant de Gibraltar, cette attaque occasionna 1000 morts dans les rangs francais. Le 8 novembre 1942, c’est au tour des anglo-américains de débarquer, prélude au débarquement en Italie.Après sa création en 902 par les marins andalous, Oran devient un perpétuel objet de conflit entre Omeyyades d’Espagne et Fatimides de Kairouan. Elle est plusieurs fois détruite pour renaître chaque fois de ses cendres, fatimide ou omeyyade, sur fond d’alliances complexes changeant sans cesse avec les tribus berbères locales: Azadjas, Maghraouas, Ifrides ou Sanhadjas….

La période la plus trouble dure jusqu’en 1016 lorsque la ville devient Omeyyade. En 1081, c’est l’avènement de l’empire almoravide dont le règne finit en 1145 à Oran même où se produit la dernière confrontation avec les Almohades et où meurt le dernier prince almoravide, Tachfine, sur la route de Mers El Kébir en essayant de gagner le port où il devait embarquer pour l’Andalousie.

Avec le début du 13ème siècle c’est la constitution des royaumes de l’est et de Tlemcen sur le corps de l’empire Almohades tandis qu’au Maroc, les Mérinides commencent à prendre du terrain sur l’autorité de l’empire. Le royaume zyanide de Tlemcen, dont font partie Oran et sa province, est alors pris en étau entre les Hafcides de l’est et les Mérinides de l’ouest.

Durant toute cette période violente, Oran constitue chaque fois le motif essentiel des conflits, en tant que principal port du royaume de Tlemcen et l’un des carrefours primordiaux des relations commerciales du bassin méditerranéen On sait que les Mérinides vont, à un certain moment, jusqu’à proposer la paix avec Tlemcen à condition de continuer de garder Oran. Durant toute cette période aussi, la ville d’Oran sera tour à tour et plusieurs fois de suite, zeyanide, Mérinide, hafcide. Le premier siège Mérinide d’Oran a lieu en 1296, et la dernière tentative des rois de l’ouest de rependre Oran a lieu en 1368 sous le roi zeyanide Abou Hammou Moussa II.

Suit alors une longue période Tragique marquée par les luttes intestines au sein du royaume de Tlemcen pour la succession au tronc jusqu’en 1425 lorsque le sultan hafcide Abou Farés, qui reprend tout le Maghreb central, désigne Abou El Abbés, dernier fils de Abou Hammou ll, à la succession. Mais la brouille zeyanide ne s’arrête pas pour autant le gouvernement de la ville d’Oran fait aussi l’objet de convoitise au sein de la famille zeyanide.

De ce fait la ville constitue chaque fois un foyer de résistance à la cour de Tlemcen, comme une sorte de principauté indépendante se gouvernant seule et librement. C’est sans doute à la faveur de ces dissensions et ces déchirement continus. qui affaiblissent le royaume. que se fait la prise d’Oran par les Espagnols en 1509.

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Rosalcazar ou Château Neuf, voyage à travers l’Histoire d’Oran


Rosalcazar ou Château Neuf, voyage à travers l’Histoire d’Oran.

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Le « Château Neuf » d’Oran, vu depuis le quartier espagnol, en 1835 (L’Illustration du 3 avril 1847, page 49, vue partielle)

Le « Château Neuf » d’Oran, vu depuis le quartier espagnol, en 1835 (L’Illustration du 3 avril 1847, page 49, vue partielle – Encyclopédie afn)

C’est finalement le Pavillon de la favorite qui m’a dirigé vers Château Neuf.

Je n’avais jamais fait attention à cette délicate construction perchée à l’angle du contre-fort sud-ouest d’un ensemble aussi appelé Rosalcazar.

Il n’est pas si simple de retrouver l’origine d’une dénomination derrière laquelle se battent deux étymologies, l’une reconnue de tous (ras el cacer), et l’autre plus fantaisiste (rosas-cajas), mais tout aussi utilisée dans les écrits d’historiens amateurs.

Il faut savoir qu’à l’origine, ce fort se limite à une « construction de forme étoilée à trois grosses tours séparées par trois courtines » édifiée en 1347 par « le sultan mérinide de Fès, Abou Lhassen, grand conquérant et grand constructeur, à qui on doit entre autres la mosquée de Sidi Bou Médine, et qui aurait aussi jeté les fondations du fort de Mers-el-Kébir ». (René Lespes cité par Edgard Attias sur son site oran-memoire)

Ces trois tours semblent se rattacher à un ensemble plus imposant -mais difficile d’en savoir davantage aujourd’hui puisqu’il ne reste rien- et « étaient connues sous le nom de Bordj-el-Mehal, le fort des Cigognes, et Bordj-el-Ahmar, le fort Rouge, dont les Espagnols firent Rosas-Cajas, « les maisons rouges », devenues Rosalcazar. (Ce mot viendrait en réalité de l’arabe « ras el cacer » (tête de la forteresse). »

Donc en 1347, ces trois tours (peut-être davantage) constituent le coeur de Château Neuf, et sont parfois appelées les « Donjons rouges ». Le reste de la forteresse n’existe pas encore.
Les trois tours d’origine à Rosalcazar

Le reste, ce sont les espagnols qui le construiront plus tard, lorsque le cardinal Ximenes prendra Oran le 19 mai 1509, Oran qui n’est « plus qu’un nid de pirates barbaresques ».

Ce sont des paroles citées par l’historien Robert Tinthoin en 1949. Il rajoute :

« Les espagnols ne font guère que de l’occupation « restreinte », limitée à la place d’Oran. Leurs expéditions de 1541, 1552, 1558, 1701, sur Mostaganem et Tlemcen, n’aboutissent qu’à de sanglants échecs. Comme Fey l’écrit, avec beaucoup de justesse, en 1858 : « … l’Espagne n’eut jamais la moindre pensée colonisatrice à l’égard de cette conquête ; elle ne vit là qu’un moyen d’assurer plus de sécurité à son littoral en détruisant une fourmilière de pirates… »

« Occupation restreinte » ne signifie pas pour autant villégiature, et les espagnols vont très vite renforcer les trois tours d’origine pour construire ce fameux Château Neuf, à l’époque en dehors de la ville, entouré de hautes murailles.

« Au milieu du XVI° siècle, les espagnols sont sur la défensive, et Oran connaîtra une forme de blocus à distance, et quelques sévères assauts (tel le siège de Mers el Kebir par Hassan Pacha, fils du fameux Kayr-ed-dine, en 1563). » (geneawiki)

Il reste trois traces classées de cette présence espagnole le long des murailles de Château-Neuf : la porte d’entrée, un écusson du roi d’Espagne, et une échauguette d’angle.
Traces espagnoles classées de Rosalcazar

Les mets de l’époque :


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Les mets de l’époque :
« El Tighighech » est un plat à base d’herbes cueillies, qui se préparait comme « El Batata bel Flyou ».
« El chlada ta3 el bahr » (Salicorne) en français, plante grasse poussant en bordure de mer qui se préparait comme « Zroudya em charmla » et on disait
 » Entafiw a bi chwya khel » c a d, que l’on y mettait dessus un filet de vinaigre. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Autre époque, autres mœurs et habitudes.

Quelques expressions:

« Khouwara »:l’actuelle « tesdira ».
« Bnika »: la petite serviette qu’on met sur la tête après la douche.
« Koustbina »: dé à coudre.
« Rani nekjem m3ak »: Je plaisante, je rigole.
« N’haji »: raconter un conte.
« Fje’tili (Fje3tili) fwadi »: tu m’as fait très peur.
« T3abek » « Tâabek »: embaumer, répandre l’odeur.
« Djana essadane »: avoir une invitation.
« Medreb » ou « Moute3 »: un endroit
« Youma yen » au lieu de « Youmine »: 2 jours.
« Djbina » au lieu de « formaje »: Fromage
« Mnakher »: nez
« Tch’kikoune »: minuscule, petit
« Grawedj »: jouet
« Lkima », « loukma »:bout de pain, nourriture
« Grebej »: Babioles.
« Tchap’tchake »: un récipient.
« Fniyek »: coffret.
« Mbetchek »: Ravi.
« Nemlet louz »: faire bouillir les amandes et enlever la peau.
« Ykete3 ou ychir »: dire n’importe quoi.

Nos grand-mères aussi tenaient un langage avec leurs petits enfants:
« Kbida ta3i »: traduction « mon foie ». Il est vrai que traduite, cette expression perd de sa valeur, mais en arabe, elle exprime tout l’amour et la chaleur que voue une mère ou une grand-mère pour ses proches.
« Chlaghem l’yasmine »: moustache de jasmin

– On désignait nos grand-pére par « BABA SIDI » et grand-mére « Mani ».
La belle soeur par  » LOUSTI »et le beau frere par « LOUSSI »

Petit dictionnaire des amours algéroises par MUSTAPHA BENFODIL
Publié dans Actes sud | La pensée de midi – 2006/1 – N° 17 – pages 58 à 58

Baggar : littéralement, “marchand de bétail”. Personnage friqué et fruste, cible
privilégiée des midinettes.
Boumba : une bombe sexuelle. Chikour : le “mac” d’une prostituée.
Diki : garçonnière. H’nana : tendresse.
Hanouna : formule affectueuse à l’adresse de sa bien-aimée, équivalent de
“ma chérie”.
Laghram : l’Amour. Madama : une nana (déformation de “madame”).
Madama grifa : une supernana, une “griffe” (d’où le mot grifa).
Maghroum : amoureux. Rani maghroum : je suis amoureux.
Maqiousse : littéralement, “être touché”, ou encore “être possédé” (par un
démon ou une démone). Rani maqiousse : je suis touché, je suis follement
amoureux, je suis possédé.
Marka : déformation de “marque” – une nana de marque.
Naqch : homosexuel (prend généralement une connotation péjorative).
Omri : “mon chéri”.
Papicha (pluriel : papiche) : minette frivole imbue de ses formes et courant
après la vie facile en monnayant ses charmes. La formule désigne sinon toute
jeune adolescente un peu fleur bleue qui rend fous les hommes d’âge mûr.
Redjla : un mec viril, macho.
Tayeh : littéralement, “tombé”. Comprendre : un quidam tombé amoureux.
Tchermouta : expression péjorative pour désigner une fille de mauvaises
moeurs. Par extension, formule injurieuse à l’adresse d’une fille pour
exprimer du mépris.
Yestebyat : de bite, “maison” (rien à voir avec un objet masculin de même
orthographe) – fonder un foyer, se marier.
Zella : une fille d’une grande beauté.
Zellidj : très belle fille (formule un peu désuète qu’on retrouve dans les textes
de la musique chaâbi).

VOCABULAIRE CITADIN ANCIEN(PARLER ALGEROIS) .


Amrouni Amel Blida

VOCABULAIRE CITADIN ANCIEN(PARLER ALGEROIS)

-On peut inclure à la liste des mots qu’il faudrait bannir du parler algérois le mot « Gââ ». On dit plutôt El-koul, ou kamel, selon le cas.
-Tous comme vous êtes:se dit plutôt  » kamel kima rakoum », et non pas gââ .
-« El koul rahou », et non pas gââ rahou, pour « ils sont tous partis ».
-On désignait un adolescent par « 3aouizeb » et pour la fille c’était « 3aouitka »
-« Rani madji  » au lieu de  » Rani djaye  »
-« El helfa rahi fi dahrek » c’est à dire qu’une bonne raclée t’attend.
-« Ntyer el maa » pour désigner un rapide tour aux toilettes et « Nseffi kerchi » pour faire ses besoins.
-« Netbet » au lieu de nechfa,(se souvenir)
-« Serwal m’dewwer », et non pas serwal elloubiya
-« Lekhyama » et non pas Elcousina, Lemsel’ha et non pas le balai.
-Khoukhi et non pas rose, « Zendjari », couleur brun moirâtre… Il y avait  » El Quat » et  » El Qouiyat ».
-Bit erraha (lieux d’aisance)) ou chichma (Hachakoum) et non pas toilit,
-Tebsi avec un T ou tbissi pour les petites assiettes, gana et non pas tanit, mektoub et non pas djib (la poche), yerta3 et non pas yerdha3, do9aet non pas doka, twelwil et non pas zgharid, fi 3ot et non pas fi 3od (au lieu),
-Nendjem et non pas negder, tati et non pas tabess (baisses-toi).
– nwassiwau lieu de ndir, naa3mel ou nekhedmou
-Ni iya ni arouah, les algérois disent plutôt Adji. En effet, iya et arouah se sont greffés au parler algérois bien plus tard. Quant au mot Adji, il n’est que rarement utilisé.
– Wachrahou moula bitek ? et non pas Wachrahou rajlèk.
On dit également : « wach rahi djamletkoum? » et non pas « wachrahoum la famille? »,s’tira, k’ssikess, 3am Hidous, 3am de9youss (lol),on dit la3rous et non pas la3riss!

-Autre pratique: Aujourd’hui, l’ambiance du dîner de mariage pour les hommes a perdu de son lustre. C’est devenu un Fast-food : on liquide et on s’en va.
Parfois,il y règne un silence de morts. On a l’impression qu’il s’agit d’une Djanaza (domicile mortuaire). Les invités sont attablés, on leur sert rapidement à manger ensuite on leur remet les boîtes de gâteaux « fou9k rissanhoum!!! (sur leur tête) » et ça dure ya rabi 10 min.
A l’époque, le charme du dîner du mariage, les invités étaient bien accueillis.Aprés le dîner,ils se retiraient de la table pour passer dans une autre pièce,dans le jardin ou à la terrasse pour se voir proposer du thé ou café avec les gâteaux. A noter que les gâteaux étaient disposés dans un plateau et non pas dans des boîtes.
LE CLOU DE LA SOIREE :animation par un orchestre de musique CHAABI.
Il y a également certaines pratiques qu’on a tendance à oublier et qui se perdent tel que « Tekdim » ou alors la tradition selon laquelle on met du parfum à la jeune fille « li jib sadane », ou encore « Mharmet leftoul ou kit errouh » ou bien l’hayek.

– » El Fer Fouri  » pour parler d’une fine porcelaine; un tissu léger est « Emendwal »; celui comportant des petites pastilles se dit  » Bi Khebizet el âmbar »; le couteau se dit  » El Khedmi » ou encore  » El Boutchak »; une fine dentelle au bas d’une étoffe, c’est  » El Tcharchiff » mot d’origine Turc.
Les tamis  » El Bessasser », on y mettait à sécher  » el Makfa » et les pâtes un peu plus grosse servaient à la préparation « El Makaroune Ber’Turc ». Et puis les desserts,  » El Plaw » avec de la crème de riz et de la fleur d’oranger; « El Stladj », dessert lacté. « El Maârdjoum L’arandj », et « El Maârdjoun el Trandj » ( confiture de cédrat, la reine des confitures).

-« Dakhèl bine aâma wa aâssatou », se dit d’une personne qui se trouve toujours dans vos jambes.
– « Ma idji menek la def, la guembri » pour quelqu’un qui ne fait aucun effort.

-La serviette se disait « Mendil ».Il y avait aussi « El Béchkir », ces serviettes que l’on faisait tourner sur les genoux des convives lors des repas de fête « aâla el meïda ». » El bechkir » vous l’aviez compris, est un long « Mendil ».

– « El Plaw » est un plat de riz accommodé salé ou sucré; « El Satladj » est une crème de riz au lait sucrée, on dit aussi « Mhalbi ».
Il y a aussi  » El Palouza » crème à la maïzéna avec du lait et des amandes.

-Il y avait le nom de certaines fleurs : « El Ba a » ou Balsamine.  » Mesk el Roumi » ou Tubéreuse.  » El Ghellal » fleur très parfumée de couleur ivoire et dont je n’ai pas l’équivalent en français. « Soltane el Ghaba » le Chèvre feuille. « Salaf el 3adra » la Glycine. Et tout le monde connaît « Mesk Ellil » ou Galant de Nuit.

lexique algerois.Le Parler Algérois.


La main de Fatma

lexique algerois.Le Parler Algérois

Amanâ3che : à demain ou à plus tard.

Antik : se dit de quelque chose de bien, de bon ; ce mot provenant de «antique» est apparu durant les années 1980.

Akleb : revendre ou refiler un produit acheté

Aâmmi, khalis : forme d’appellation des personnes âgées ; marque le respect (apparu durant les années 1990).

Babak : policier en civil Babak

Ya BGHEL: tête de mule. On dit aussi « Moukhek Habess »(ton cerveau est bloqué) contrairement au mot Khachkhache : cerveau, crack, doué, intelligent…

Bezqa: crachat

Chebrag, hrach : non citadin, différent de la communauté (apparu durant les années 1980).

Cheese matloue : hamburger à base de pain traditionnel (apparu durant les années 1990).

Chriki (ami) sadiki (ami), djarou : appellations apparues durant les années 1990.

H dida : apparu durant la fin des années 1980 avec l’entrée en Algérie de belles voitures importées de l’ étranger et les nouveaux riches.Ce mot signifie voiture de luxe et indique une personne matérialiste qui aime follement les bolides.

Defra : 10 DA – 3argue:1 milliard – Houbla : 200 DA, par rapport à l’ icône du monument des martyrs connu dans le milieu des jeunes sous le sobriquet de houbel. Messaka : 1 000 DA – Hadjra, Brika : 10 000 DA. Tous ces mots sont apparus à la fin des années 1980. 3argue:1 milliard

Djeraya : ce terme définit les voitures grosses cylindrées ou véhicules

E-cheikh : pour désigner le papa et Lâ3jouz : pour désigner la maman ( en arabe:la vieille)

El Galou : se dit d’ une affaire qui se traite gratuitement sans faire d’ efforts ni débourser d’ argent (apparu à la fin des années 1980).

El hedda : immigration, acte inattendu.

Etiki : ce mot symbolise l’ argent et l’ opulence, il est apparu durant les années 1990, date du rééchelonnement de la dette et de la dévalorisation du dinar.

El-Yabssa : forme d’étranglement utilisée par les voleurs à la sauvette.

Ez Zbel: les ordures

Fratess : terroristes (apparu durant les années 1990).

Habes : individu qui n’a aucune notion de savoir-vivre, ignorant les bonnes maniéres

Haggar : qui veut avoir la main mise sur autrui par la force.

Habra, Lahma : se dit d’ une femme sexy et attirante (apparu durant les années 1980).

Hittiste : chômeur (apparu durant les années 1980).

Kibba : la prison (serkadji, el-harrache, lambeze, berrouagia…allah yestar)

Kwaleb : les trucs, les ruses et les astuces pour contourner une procédure.

Kheloui : bon vivant, extraordinairement bon (apparu durant les années 1980).

Laât : argent, fortune (apparu durant les années 1990).

Lebled : citadin, connaissant parfaitement la région (apparu durant les années 1980).

L’ équipe : signifie un groupe damis qui ont les mêmes caractéristiques à quelques nuances près ; ce mot est apparu durant les années 1990.

Lih lih : de façon expéditive, rapidement (apparu durant les années 1980).

LI Qra, Qra bekri: (celui qui a étudié, l’a fait d’antan). Allusion à la mauvaise qualité d’enseignements actuelle.On loue les mérites de l’ancienne école.

Lkala, harraga : voyager clandestinement par bateau (apparu à la fin des années 1990).

Marka, Tacha : signifie le standing, la classe et les effets vestimentaires de première qualité (apparu durant les années 1990).

Mamay : du sur mesure, de la bonne qualité (ce mot est apparu durant les années 1980).
M’ZIYA: un acte de gratuité, voire de simple gratitude.Un service rendu.

Nef : évasion, fuite, immigration (apparu durant les années 1980).

Qraa : littérairement remplir les bouteilles ; ce mot signifie les ouï-dire (apparu à la fin des années 1990).

Serbess ou Serseb: liquider, se débarasser (apparu durant les années 1990).

Taouaâna : les nôtres, notre groupe d’appartenace.

Tnah (on qualifie une personne YA TNAH): En réalité le mot Tnah désigne la Bitte ou borne d’amarrage à laquelle on attache les bateaux. Dans le sens péjoratif, il veut dire « Connard » car ladite bitte ne sert à rien d’autre.

Trik : faveur et connaissance au niveau des douanes (apparu durant la fin des années 1990).

Tchipa : contrepartie, gain facile (apparu durant les années 1990).

Techham : profiter (apparu durant les années 1990).

Hebli : chatoyant, affolant (ce mot est apparu durant les années 1990).

S’ hab el cabas : les magouilleurs dans le domaine sportif, le football surtout (apparu durant les années 1990).

S’ hab Chkara : personnes fortunées ; ce mot qualifie ceux qui vivent dans l?opulence (apparu durant les années 1990).

Tkarkiba : une petite somme d’argent que se procure un hittiste

Nèche : semer la zizanie, le doute (apparu durant les années 1990).

Heta ltem : à fond (apparu durant les années 1990).

Hia : Ok, acquiescer (apparu durant les années 1980).

Zbentout : célibataire, sans charge familiale (ce mot est apparu durant les années 1980).

Les Bains de Hammam Righa .


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Les Bains de Hammam Righa

Les Bains de Hammam Righa sont situés à 520 d’altitude, sur l’emplacement des Aquae Calidae des Romains, cité dont il ne reste plus que des vestiges sans intérêt (derrière le Grand-Hôtel)

Hammam-Righa est à la fois une station d’hiver et une station d’été. Elle offre en outre les avantages d’un séjour à la montagne.

Les eaux. – Les eaux d’Hammam-Righa, dont la température varie, suivant les sources, de 39° à 47°C, sont des eaux salines sulfatées calciques, de composition analogue à celle du bassin de Contrexéville. Une source froide gazeuse et ferrugineuse, est employée comme eau de table.
La station se recommande spécialemnt pour les arthrites, les affections rhumatismales et goutteuses, les troubles nerveux, les blessures et traumatismes. Elle convient aux hiverneurs (mais non aux phtisiques et aux tuberculeux), aux convalescents et à tous les malades qui ont besoin de suivre ou de continuer un traitement thermal dans une saison où les établissements de France sont fermés. C’est une station sanitaire hivernale où la température ne s’abaisse guère au dessous de 13° durant les mois d’hiver.

Le Grand-hôtel est entouré de beaux jardins et d’un parc boisé de 4ha; des jeux de plein-air y sont installés. L’Edifice, considérable, forme un quadrilatère de 90m de côté; il comprend environ 100 ch., un grand salon de 20m sur 20m, une salle à manger de 400 couverts, des salles de billard, de musique, de lecture, de jeu, une bibliothèque.

La façade N. est garantie contre les intempéries par une galerie vitrée de 90m de long. Dans le sous-sol sont aménagés les termes, avec 2 piscines de natation à eau courante, d’une température de 37 à 43°, et tous appareils hydrothérapiques répondant aux exigences de la thérapeutique thermale.

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Le village Aït-Lqaïd dans la daïra des Ouadhias.


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Classé patrimoine national, le village Aït-Lqaïd attend sa réhabilitation source LeMatin DZ
Le village Aït-Lqaïd dans la daïra des Ouadhias, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, est classé depuis 2006 patrimoine national mais sa restauration butte sur des démarches administratives lentes.

Entretemps, ses habitants l’abandonnent accentuant sa décrépitude. Niché au pied du Djurdjura, le village offre une vue majestueuse sur cette altière montagne. Ayant grandement gardé son cachet authentique, il se distingue par une beauté saisissante qu’une nature fascinante a façonné.

Distant de 3 km de la commune d’Agouni-Gueghrane, elle-même distante de 6 km de la daïra des Ouadhias dont elle dépend (35 km de Tizi-Ouzou), Aït-Lqaïd est accessible après avoir emprunté un chemin tortueux en pente qui va en s’accentuant.

Hormis quelques constructions récentes, le village est composé en majorité de maisons anciennes au bâti typique, celui-là même qui lui a valu sa classification. Néanmoins, seules quelques familles y vivent encore. « La plupart des habitants se sont rapprochés du chef-lieu de la daïra où il y a plus de commodités et en raison de l’accessibilité, ceux qui sont restés n’ont pas eu d’autre choix car n’ayant pas de terrain ailleurs où les moyens d’en acheter », explique le président de l’APC d’Agouni Gueghrane, Beddek Amour. Avant cet exode, le village comptait environ 1500 résidents réduits aujourd’hui à une dizaine de familles qui tentent vaille que vaille de préserver leurs habitations en y apportant les réparations qu’imposent les intempéries.

Celles qui ont été abandonnées tombent en ruine l’une après l’autre et les villageois se demandent à quoi sert la classification de leur village qui, par ailleurs, renferme une page du passé révolutionnaire en raison des vestiges qu’il garde encore de cette période. C’est le cas d’une demeure qui avait servi de zaouïa pendant la révolution avant d’être transformée en caserne et qu’une habitante entretient avec amour. Une autre maison en ruine qui « aurait dû » être sauvegardée en raison de son importance, déplorent les habitants du village : il s’agit de la demeure de la famille Yahimi qui avait servi de lieu de torture durant la guerre.

Le maire du village explique qu’à la faveur du classement dont a bénéficié Aït Lqaïd, un « plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur » a été adopté en 2009, mais n’a été suivi à ce sujet d’aucune mesure concrète dans ce sens. Si ce n’est, dira-t-il, une enveloppe de 3 millions de DA qui a été dégagée en 2012 et qui a « à peine suffi » au désherbage et au nettoyage des toitures de quatre ou cinq maisons alors qu’une quinzaine a été classée comme étant « en péril ».

Les raisons d’un retard

La représentante de l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (Ogebc), maître de l’ouvrage délégué, Goumeziane Nabila, justifie le retard par les « procédures administratives » qui caractérisent ce type de projets. Et d’expliquer que le plan en question en est à sa première phase, celle du diagnostic en l’occurrence et qu’une fois achevé, il devra être soumis à l’approbation de l’APW de Tizi-Ouzou en concertation avec d’autres institutions relevant du ministère de la Culture, le maître de l’ouvrage étant la direction de la culture de Tizi-Ouzou.

« Ce n’est qu’après trois phases d’étude que la restauration du village pourra entrer en vigueur », ajoute la représentante de l’Ogebc qui tient à noter que les opérations déjà menées sur certaines bâtisses ne le sont pas au titre du plan d’urgence en question mais à titre du programme local propre à la commune d’Agouni-Gueghrane.

Interrogée sur « l’intérêt » d’une restauration du village sachant qu’il risque d’être complètement vidé de ses habitants une fois les travaux entamés, Mme Goumeziane précise qu’un « débat » est lancé précisément entre les parties concernées sur l’option « la plus judicieuse » à suivre.

« Nous sommes conscients de cette question et pour cela, nous avons tenu il y a près d’un an une réunion de concertation avec les villageois et les autorités locales pour en débattre », affirme-t-elle, précisant que l’option privilégiée serait de garder ces derniers tout en faisant du lieu un musée à ciel ouvert en même temps qu’une destination touristique.

Si la classification d’Aït-Lqaïd a fait sortir le village de son anonymat, la réputation de celui-ci tient beaucoup à la présence de Na-Tassadit, une septuagénaire qui perpétue avec une rare passion les traditions qui font l’identité de cette région.

Gardienne d’un patrimoine ancestral, elle est le symbole du village et sa mémoire vivante. Une sorte de « curiosité » que l’on sollicite parfois de l’étranger pour qu’elle fasse part de son « génie » à entretenir sa maison de la façon la plus esthétique et la plus authentique qui soit.

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